Vol de nuit Mai 68. Liban. Pour fêter les cinq mois d’Olivier, Alex et moi décidons de nous offrir un lit. Jusque là, nous avons toujours dormi sur un matelas posé à même le sol, et bon, ça commence à bien faire. Entre les pleurs du bébé et la mauvaise...
Le rêve de votre vie Dans les années cinquante, Pierre Bellemare présentait une émission radiophonique qui enthousiasmait la France et la Belgique. : « Le rêve de votre vie ». Le principe en était simple : chaque semaine les organisateurs invitaient une...
Histoire ridicule Pour continuer dans le même registre, en 1973, j’avais écrit un p’tit poème intitulé « Histoire ridicule », dont toutes les rimes étaient en « ule ». Il commençait ainsi : C’est un chat noctambule À bord d’un véhicule Qui dans un vestibule...
Prenez-moi comme une bête ! Été 1983. Dans le cadre de sa revue « Psikopat », Alex sort des tee-shirts hilarants et provos comme j’aime. Deux d’entre eux en particulier, dont les slogans : « Tu avales ou tu craches ? » et « Prenez-moi comme une bête !...
Belle En 1972, André Delvaux, célèbre cinéaste belge, choisit la petite ville de Spa pour y tourner son film « Belle », en décors réels. Ce choix n’est pas un hasard : l’ancienne station thermale, outre qu’elle est fort jolie, incarne à ravir la société...
Appelez-moi Théofille Vers neuf ans, j’ai commencé à écrire des poèmes. Celui que j’estimais le plus réussi s’intitulait « Le pays de mes amours » et commençait ainsi : De la verdure toute fraîche Aux arbres de bonnes pêches Là-bas le jardinier qui bêche...
Spermu Vous vous souvenez de Freddy, le chien défiguré ? Il avait une autre caractéristique, liée, selon moi, à son traumatisme : il était atteint de priapisme aigu. La moindre émotion, la plus petite contrariété lui provoquaient d’incroyables érections....
Le vampire Il se nommait Virgil. Virgil Lemauve. C’était un drôle de type, laid à faire peur, ombrageux, vindicatif, caustique jusqu’au cynisme et en grande demande affective. Il squattait chez Sylvain avant mon arrivée, de sorte que, fort de son droit...
Journal intime Vous l’aurez compris : je suis menteuse. Je l’ai toujours été. Comme disait la grande Colette : « Si je ne mentais pas, je n’aurais jamais écrit ». Ces mensonge étaient, au cours de mon adolescence, d’autant plus nécessaires que mes parents...
Comment j’ai fait mentir ma mère Encore une histoire de livre et d’amours enfantines. Mon frère Claude avait un copain, Roberto, dont les beaux yeux noirs faisaient chavirer mon cœur. Sans espoir de réciprocité, hélas, car il avait dx-huit ans et moi...
L’herbe bleue Et tiens, à propos de niaiserie... Ça devait être en 72 ou 73, par là. À cette époque, la Convention de la Bande dessinée avait lieu à la salle de la Mutualité, à Maubert (la Mutu, comme on disait). Nous nous y étions rendus, Alex et moi,...
Gudul’s connexion En 1999, invitée par l’Alliance Française de La Paz, je me rends en Bolivie. Avant mon départ, des amis qui connaissent bien le pays rm’ont prévenue : à 4000 mètres d’altitude, la respiration est laborieuse et le cœur dérouille. Les...
Transfuge Fin 1990, chez Grasset Devant la machine à café, on parle de J.H., auteur qui monte. — J’ai lu son premier manuscrit quand je bossais au Fleuve Noir, fanfaronnai-je. Le choc ! Son texte m’a tellement plu que, lorsqu’on s’est revus, je lui ai...
La chieuse En ce temps-là, je ne m’appelais pas encore Gudule ; c’était le nom d’une de mes chattes, une chartreuse belle comme tout et parfaitement stupide. Nous vivions, avec Alex et nos deux fils, dans un petit pavillon de Seine-et-Marne, et travaillions...
Le paillasson sanglant Mirlitaine était une chatte tarée. Mais vraiment, hein ! Une bête shootée aux médocs — elle s'enfuyait de l'appartement pour aller sniffer sous la porte du toubib d'en-dessous — et aux mégots qu'elle mangeait gloutonnement, cendres...
Vocation infirmière Suite à mes novélisations de la série l’Instit (1997-1999), une maison de production de téléfilms me contacte. Son but avoué : surfer sur la mode des thèmes sociaux. — Nous souhaitons, m’explique la jeune femme que j’ai au bout du...
Pataquès Sur les conseils d’une lectrice, je me suis amusée à répertorier tous mes livres refusés. J’en ai trouvé beaucoup. Au moins la moitié de ma production. Mais le plus joli exemple est très certainement « La Bibliothécaire ». Au temps où nous «...
Cauchemar d’auteur Une autre histoire de dédicace, tiens, tant qu’on y est. Ma toute première, à la fête de l’Huma 1989. « Et Rose elle a vécu » venait de sortir, et Richard Borhinger, bombardé directeur de collection chez Denoël, m’avait prise sous son...
Déni de soie J’ai toujours souffert de ne pas être conforme au portrait que se faisait ma mère de « la fille idéale ». Elle m’eût voulue sérieuse, élégante, l’allure conventionnelle, le parler discret, les idées étroites. Or, j’étais tout l’inverse :...
Oncle Édouard Lorsque j'étais enfant, il y avait, chez nous, un réduit secret qui m'intriguait beaucoup. Je le découvris tout à fait par hasard, en nettoyant le grenier avec ma mère. Armées de plumeaux, nous faisions la chasse aux toiles d'araignées lorsqu’elle...
La belle histoire d’une merde En septembre 2001 paraît, chez Flammarion, un livre pour ados intitulé « Regardez-moi ». Il est inspiré de l’émission « Loft strory », qui sévit alors à la télévision. En gros, une collégienne de 14 ans expérimente la joie,...
À l’ombre des jeunes filles en fleur Mes seize ans étaient d’autant plus turbulents que mes parents, selon leurs propres termes, me « serraient la vis ». Libre de mes faits et gestes, j’eusse été plutôt sage. Mais, bridée comme je l’étais... D’autant...
Le jour du pantalon — Les pantalons, ça donne mauvais genre, disait ma mère. Tu as envie d’avoir l’air d’une Marie-couche-toi-là ? Certes, non. Mais Brigitte Bardot, Pascale Petit, Françoise Arnoul — sans parler de la ravissante Audrey Hepburn de Vacances...
Tante Arlette Ma mère me trouvait trop câline. Dans son esprit formaté par d’austères préceptes moraux, c’était le signe d’un tempérament sensuel, voire vicieux, qu’il fallait contrer à tout prix. Elle m’interdit donc d’embrasser quiconque, fût-ce un...
Jardin secret Une petite dernière sur le sujet avant de l’enterrer définitivement. Suite au scandale provoqué par l’œuvre « sulfureuse » (sic) de ma tante, maman me dit entre quatre-z-yeux : — Jure-moi de ne jamais écrire de livres immoraux. Comme elle...