LES BONS AMIS À la longue, Rose finit par connaître tous les habitués. Et par s'attacher à certains d'entre eux, qu'elle en vient bien vite à considérer comme des amis. Isaac, par exemple… Isaac, c'est le sosie d'Omar Sharif avec vingt ans de plus. Plombier...
NOUVELLES DÉCONVENUES Dans la foulée, Rose décide de terminer son bouquin. Après tout, écrire, c'est ce qu'elle fait le mieux. Pourquoi chercher midi à quatorze heures ? S'obstiner à mendier une petite place dans la presse ou le showbiz ? Elle n'a qu'à...
PETIT RESTO EN TÊTE À TÊTE Trois jours plus tard, à dix-huit heures tapantes, Rose, laissant ses fils aux bon soins de "Dida", embarque donc dans la 4L pour une petite virée "en ville". Ce face-à-face lui en rappelle un autre, qu'en dépit des années elle...
COHABITATION — Tu prendras ma chambre, déclare Rose, comme Mona Aoun rentre de l'école où elle est allée chercher Grégoire. Je viens de changer les draps… — Et toi ? — Je dormirai sur le canapé du salon. — Pas question que je te prive de ton lit. C'est...
MÉSSANTE ! Cette petite victoire donne à Rose le courage de rentrer chez ses parents sans montrer grise mine. Suzanne Vermeer semble également avoir passé l'éponge. L'anicroche de l'après-midi n'a pas, grâce à Dieu, altéré les relations mère-fille. Rose...
LES SENTIMENTS (SUITE) La nuit suivante : — R… Rose… Réveillée en sursaut, Rose se redresse sur le coude. — Oui ? Pas de réponse. — Mona, tu m'as appelée ? Dans le noir monte une respiration régulière. « J'ai des hallucinations », pense Rose en refermant...
UN RAYON DE SOLEIL DANS LE CŒUR — Omane et moi, on ne vivait quasiment plus ensemble, confie Rachad à Rose, un peu plus tard. La naissance de la petite l'a fait rentrer dans sa coquille d'une manière insensée. Pincement de lèvres désabusé de Rose. — J'avais...
LE CADEAU Combien de temps dure cette scène odieuse ? Une demi-heure ? Une heure? Rose est incapable de l'évaluer. Noyée dans sa peur, elle n'a plus qu'une pensée, une seule : QUE ÇA S'ARRÊTE. Or, ça finit par s'arrêter. Plus de cris, soudain. Plus de...
TERREUR NOCTURNE Rose se redresse d'un bond, le cœur houleux. Au fait, a-t-elle bien verrouillé la porte d'entrée ? Quelquefois, si on n'y prend pas garde, le loquet s'enclenche de travers. « Il faut que j'aille vérifier, sans quoi, je vais avoir les...
SOMBRE DIMANCHE — Maman ! Où l'est, Nana ? Rose, agressée par la lumière, cligne des yeux. — Grégoire ? Tu es déjà levé ? — Nana l'est pas là, insiste le petit garçon. D'un geste automatique, Rose cherche sa montre, posée sur la table de chevet, et la...
LA BOHÉMIENNE Une fois, une seule, Rose déroge à ce rite immuable. Il y a environ un mois que Grégoire est rentré en classe. « Si je faisais une salade d'oranges, pour le dessert ? se dit-elle. Amir adore ça ! » Elle re-traverse donc le verger, glanant...
RACHAD, LE RETOUR Un samedi matin, on frappe à la porte. Rose va ouvrir. — Oh, Rachad ! Que je suis contente ! Elle lui saute au cou, le fait entrer. — Amir n'est pas là ? s'étonne-t-il. — Il dort encore. En ce moment, il répète quasiment jour et nuit....
Autopsy d’une conne Mon premier vrai roman, — d’ inspiration autobiographique, comme il se doit—, date de 1982. Il me fut commandé par un fanzineux qui rêvait d’améliorer son ordinaire en publiant des livres originaux. Son but : associer un auteur plutôt...
Le livre que je suis fière de ne pas avoir écrit Eviter de parler de ce qu’on ne connaît pas est, à mes yeux, la règle d’or de la littérature jeunesse. Aussi, lorsqu’un de mes éditeurs me commanda un roman sur l’anorexie, m’empressai-je de refuser. —...
La ménopause des nonnes En dépit de leur statut virginal, les religieuses, comme tout(e) un(e) chacun(e), sont victimes de la ménopause. Sœur Godelieve, professeur de flamand en quatrième latine, ne faisait pas exception à la règle ( !) Durant les cours,...
La nuit où la terre trembla Nous étions toute une bande dans la petite maison de la forêt, une location saisonnière où nous avions nos habitudes. C’était le milieu des années 80, et plutôt que de troubler le train-train de mes vieux parents, nous préférions...
Troc Ostende, fin des années 80. Le long du port s’alignent les étals des marchands de « friandises des mers ». Des dizaines de spécialités (rollmops, crevettes sauce piquante, surimis, sardines en saumure, croquettes de cabillaud, copeaux de saumon fumé,...
DES ACCORDS DE GUITARE SOUS LA LUNE Il n'est pas loin de deux heures quand le dernier invité s'en va —Isaac, en l'occurrence, car, selon ses propres termes : Les premiers seront les derniers. — Vous citez la Bible, vous, maintenant ? s'étonne Rose (qui,...
DIOUF — Je monte cinq minutes chez moi, dit Mme Irène. Tu jettes un coup d'œil sur Béchir ? Maintenant que Rose est son employée, elle la tutoie. Rose, non ; privilège de l'âge. — Ne vous en faites pas pour lui, Olivier le surveille. Rien n'est plus vrai...
MONSIEUR VACANCES Nulle entorse à ce rituel frustrant, hormis cette fin de soirée frisquette où, tels des préados, nous nous étions glissés sous une couverture pour regarder un film d’horreur. Mais, bien que la situation s’y prêtât foutrement, aucun d’entre...
RICCO (SUITE) Comment décrire l'euphorie des retrouvailles ? Il n'y a pas de mot pour exprimer ce que ressent Rose. Ricco, en cet instant, n'est plus un copain ou un ex, c'est le soleil du Liban dans la grisaille d'Aubervilliers. L'on se congratule mutuellement...
ÉTRANGES RETROUVAILLES Dans la cuisine flotte un réconfortant parfum de thé à la menthe. — Assieds-toi, dit Omane, en versant le liquide chaud dans les tasses. Et raconte-nous. Rien, dans son attitude, ne laisse supposer de quelconques retrouvailles....
TROP C’EST TROP ! Comble de malchance, Olivier s'est réveillé plus tôt que prévu. On l'entend couiner jusque dans la rue. — Y a un problème ? s'affole Rose, en grimpant quatre à quatre l'escalier qui mène à sa chambre. La scène qui s'offre à elle a de...
PARIS Nous amorçons la descente vers l'aéroport d'Orly, annonce une voix feutrée dans le haut-parleur. Veuillez regagner vos places et boucler vos ceintures. — Ouf, il était temps qu'on arrive, s'exclame Rose, à bout de nerfs. Je n'en peux plus, moi....
Question existentielle Je devais avoir huit ou neuf ans quand une grave question me préoccupa : qu’est-ce qu’il valait mieux, la richesse ou l’amour ? Jusque là, tout était limpide. L’amour, dans les contes de fées, est la valeur suprême ; c’était donc...