• vos gueules les mômes n°35

                    

                            Outreau ou trop peu

     

             « Non, mais je rêve ! éclate mémé Georgette.

             — Qu’est-ce que t’as, mémé ?

             — Le juge Burgaud vient d’être « réprimandé » par le CSM.

             — Qu’est-ce que ça veut dire ?

             — Qu’on lui a appliqué la peine la plus légère que puisse subir un magistrat.

             — Pour l’affaire de pédophiles où tout le monde était innocent ?

             — Ouais, un monstrueux pataquès : dix-sept personnes en taule, des vies saccagées, un suicide, des parents privés de leurs mômes, salis publiquement, qui traîneront toute leur vie ce cauchemar poisseux... Et lui, l’artisan du désastre, on le « réprimande » !

             — T’aurais préféré qu’on le coffre ?

             — Non, mais au moins qu’on le démette de ses fonctions. Qu’il aille vendre des carottes au lieu de jouer au juge !

             — Bah, l’erreur est humaine.

             — Il y a aussi des cas où elle est inhumaine ! À aucun moment, Fabrice Burgaud n’a montré la moindre compassion envers ceux dont il a brisé l’existence. Pas un mot de regret, pas une excuse. Il est resté « droit dans ses bottes », comme dit la presse. Et pire que ça : aujourd’hui, c’est lui le martyr !

             — Comment ça ?

             — Estimant que cette « réprimande » était imméritée, il fait appel. Et toute une partie de la corporation le soutient. Il y a même, tiens-toi bien, des étudiants de l’école nationale de la magistrature qui veulent donner son nom à leur promotion ! Ils disent qu’il « porte le chapeau » des dysfonctionnements de la Justice... Note bien que, sur ce point, je ne peux pas leur donner tort. Entre les services sociaux, les assistantes maternelles et les psychologues de mes fesses, ils ont été une soixantaine à déconner. Mais bon, c’était lui le chef d’orchestre, c’était à lui de veiller au grain !

             — Pourquoi il l’a pas fait ?

             — L’ambition, ma fille, l’ambition aveugle... Dézinguer un réseau de pédophiles, en début de carrière, ça en jette, pardi, sur une carte de visite ! » 

     

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  • Commentaires

    1
    Polka
    Jeudi 2 Février à 01:19

    C'est intéressant que Gudule soit si indignée quand on détruit la vie de gens soupconnés de pédophilie (et je la rejoins sur ce point) et si complaisante quand on parle de Polanski et de sa pédophilie avérée... il était pourant tout autant le "chef d'orchestre" quand il a drogué et violée une enfant de 13 ans (même si elle était "livrée" par sa mère et que les moeurs étaient plus "libres")... C'est pas très crédible du coup... Enfin, je l'adore quand même, on reste humains <3

    2
    Castor tillon
    Mardi 21 Février à 20:43

    Polka, Gudule avait le même sentiment que nous tous, en ce qui concerne la pédophilie : le dégoût. Ce qu'elle bat en brêche à ce sujet, c'est les réactions épidermiques, les bribes d'informations tirées de leur contexte, la désinformation et la malveillance. Pour l'affaire Polanski, elle a pris la peine de rassembler tout ce qui a pu être édité à ce propos, y compris les livres écrits par les différentes parties, etc. On peut dire qu'elle savait de quoi elle parlait, bien que ça ne lui ait servi qu'à écrire deux ou trois articles traités sur le mode parodique.

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