Trois pas en avant, deux pas en arrière
— Qu’ils crêvent ! s’écrie mémé Georgette, en refermant son journal.
— Qui ça, mémé ?
— Les veneurs anglais. Ils viennent de demander à la Cour européenne que l’abolition de la chasse à courre soit considérée comme une atteinte aux droits de l’homme et à la liberté.
— Sans blague ?
— Mais leur requête a été rejetée à l’unanimité, au titre de, je cite, « pratique cruelle infligeant des souffrances moralement condamnables ».
— Bravo !
— Ils auraient, en plus, mérité une amende, je trouve.
— Pourquoi ?
— Pour utilisation abusive de terme. Qu’on ose qualitifier cette interdiction d’ « atteinte aux droits de l’homme » est une insulte à tous ceux qui, en ce moment même, croupissent en prison, et sont torturés, violés, assassinés, génocidés, un peu partout dans le monde !
— T’as raison, mémé ! C’est dégueulasse !
— Tiens, à propos de dégueulasserie, sais-tu qu’il y a eu des tentatives, auprès de l’UNESCO, pour faire inscrire la corrida, les combats de coqs et la chasse à courre au patrimoine culturel mondial ?
— Non ?! Quelle connerie ! Ça n’aboutira pas, je suppose ?
—Y a des chances... Remarque, il ne faut jurer de rien : Pie XII, le pape nazi, est sur le point d’être sanctifié. Si tu veux mon avis, malgré le bon-sens de certaines instances officielles, l’humanité a encore des progrès à faire pour sortir de la barbarie !