Attention, un illustrateur peut en cacher un autre !
1997. Le Manège de l’oubli sort chez Nathan, avec d’admirables illustrations de François Roca. Je nage dans le bonheur. En jeunesse, les dessins ont une importance primordiale. Ils subliment le texte ou le desservent, et peuvent même, dans certains cas, le réduire à néant. Car ce sont eux qui, en premier lieu, interpellent le public, et lui donnent ou non l’envie d’acheter le livre. La découverte de l’histoire ne vient qu’après...
L’année suivante, à la demande l’éditrice, j’écris La poupée aux yeux vivants spécialement pour François Roca. Il excelle dans les clairs-obscurs, les ambiances étranges, les plans vertigineux ? L’intrigue en regorge. Bref, je lui mitonne un récit sur mesure, dont je visualise déjà le résultat.
Manque de bol, l’éditrice, en établissant son planning, ne s’est pas assurée qu’il était libre. Or, il a déjà une série d’albums en chantier... Qu’à cela ne tienne, avec ou sans lui, le livre sortira ! Sans que j’en soie informée, l’illustration est confiée à une débutante dont c’est le premier travail, et qui ne maîtrise ni le dessin, ni la couleur, ni la perspective. Résultat : un flop monstrueux.
En découvrant le carnage, j’en ai chialé.
PS : Je rappelle que François Roca est l'illustrateur des "Contes et Légendes des Mille et Une Nuits"