La dame qui aimait les animaux morts
Un matin d’hiver, dans le métro parisien. Mélanie, six ans, sort de sa poche un cadavre de moineau en état de décomposition avancée. Je manque de m’étrangler.
— Qu’est-ce que que cette horreur ?
— Un pauvre petit oiseau qui avait froid, dans la neige, me répond-elle, avec un sourire craquant.
Je le lui arrache des mains — mais qu’en faire ? Descendre à la station suivante pour le jeter à une poubelle ? Impossible : c’est l’heure de pointe et le flux de voyageurs nous coince sur la plate-forme. En plus, ça ferait de la peine à Mélanie...
Monte une dame en manteau de fourrure qui se place juste devant nous.
— Ton oiseau sera mieux dans sa poche à elle, chuchotai-je à ma fille, en y glissant discrètement le cadavre. Elle adore les animaux morts !