Prince des caresses (bis)
Rien ne ressemble plus au bonheur qu’un couple joyeux et libre
Je me disais : « Il va fuir. Aucun homme normal ne s’encombre d’une malade juste parce qu’il a couché une fois avec. Faut pas rêver, ma grande ! Ce genre de truc n’arrive que dans les contes de fées. »
Il n’a pas fui. Quand je lui ai demandé de partir, il est resté ; il s’est même installé dans ma chambre d’hôpital.
Je me disais : « Tu vas te dégrader, perdre tes cheveux, enfler, devenir dépendante. Comment assumerait-il, à moins d’être un surhomme ? » Il a assumé, à coups de « je t’aime » et de mots d’amour. Il m’a pris mon fardeau, l’a porté à ma place, m’a fait rire, vibrer, m’a préparé de bons petits plats, joué des airs de guitare, montré de jolis films, fait miroiter des clairs de lune et rassurée jour après jour.
Je me disais : « S’il s’en va, il ne te reste qu’à mourir ».
Je suis toujours vivante.
Et il est toujours là.

Gudule, clinique des Cèdres, juin 2013