Mon Doudou bien-aimé
S’il est une mode irritante, dans l’univers sordide de la consommation, c’est bien celle des doudous. Autant, je trouve craquant qu’un bambin s’entiche d’un vieux mouchoir, d’une couverture ou d’une peluche usée jusqu’à la corde, autant la commercialisation de ces réceptacles d’amour artificiels me semble suspecte — surtout quand les labels, rivalisant de slogans culpabilisateurs, exacerbent sans scrupule l‘hystérie parentale.
Aussi, lorsqu’une maison d’édition bien connue, profitant de cet engouement pseudo-pédagogique, lança sur le marché un recueil intitulé Mon doudou bien-aimé, composé d’une dizaine de textes-souvenirs d’écrivains jeunesse, eus-je, comme toujours, le réflexe de ruer dans les brancards.
Ma participation à ce livre, la voici ; elle est sincère et rend hommage à ce « doudou » qui fut l’une des plus grandes douceurs de mon enfance.
Je n’avais pas de doudou, quand j’étais petite ; qu’en aurais-je fait ? J’avais oncle Doudou, et c’était mille fois mieux !