Conscience professionnelle
Une éditrice, moins jeune que la précédente mais tout aussi vindicative, m’impose d’insupportables remaniements de texte.
— Mais pourquoi faites-vous ça ? m’énervé-je. Pour vous approprier les livres que vous publiez ?
Elle me toise avec hauteur.
— Tttt, pour les améliorer, tout simplement. C’est dans votre intérêt que je vous corrige. Vous devriez me remercier !
— Et si je préfère ma version à la vôtre ?
— On n’est pas objectif vis-à-vis de son propre travail. Croyez-moi, si j’avais été l’éditrice de Flaubert, il ne s’en serait pas tiré à si bon compte. Jamais je n’aurais laissé Madame Bovary sortir dans cet état. Et je suis sûre que, contrairement à vous, il m’en aurait été reconnaissant.
Brave Gustave, va !