Toute vérité n'est pas bonne à dire
J’étais au téléphone avec une copine quand, soudain, qui vois-je passer dans le couloir ? Le rat de Mélanie, tractant une barbe-à-papa dix fois grosse comme lui. Son but : emmener cette friandise, piquée dans la cuisine, jusqu’à sa cage, à l’autre bout de l’appartement. Le spectacle est d’autant plus réjouissant que la « proie » fond entre ses dents et lui échappe sans cesse — phénomène qui, à l’évidence, le désarçonne.
En m’entendant pouffer alors qu’elle se lamente sur ses problèmes de couple, la copine, offusquée, s’enquiert :
—Tu trouves ça drôle que je sois en train de me faire larguer ?
— Non, non, ce n’est pas à cause de ça que je ris, protestai-je, toute confuse.
— C’est pour quoi, alors ?
— Ben... un rat qui déménage de la barbe-à-papa.
— Et tu te fous de moi, en plus !
Sans me laisser le temps de m’expliquer, elle raccroche. Elle divorcera trois mois plus tard.