Sans peur et sans reproche (2)
Non seulement Mélanie n’avait pas peur du noir, mais rien n’altérait sa sérénité. Durant ces fameuses vacances dans l’Aveyron, Sylvain aidait le copain à retaper sa maison. En consolidant un mur branlant, il tombe sur un énorme crapaud, endormi au soleil.
— Tu ne veux pas le déplacer ? demande-t-il à Mélanie, convaincu qu’elle va pousser des cris de dégoût.
Sans hésiter, elle empoigne l’animal à pleine main en s’extasiant :
— Qu’il est mignon !
— Tu devrais l’embrasser pour qu’il se transforme en prince charmant, glousse le copain qui assiste à la scène.
Mélanie lève les yeux au ciel en soupirant : « N’importe quoi ! » puis, avec un petit bisou d’adieu, dépose le crapaud dans l’herbe où il se rendort aussi sec.
Elle passera l’après-midi à le dessiner.