Prophylaxie
Nous avions au Liban des bidets merveilleux, munis d’un petit jet divinement bien placé qui transformait l’hygiène en une partie de plaisir. Un jour où j’en chantais les louanges à mon frère, il m’annonça tout de go :
— Tu sais que maintenant, ils sont interdits ?
La nouvelle me fit l’effet d’une bombe. Grands dieux ! La foutue morale de ma mère sévissait-elle jusque dans le design sanitaire du Proche-Orient ?
— Pourquoi ? m’enquis-je, sur la défensive.
— Ce sont des vecteurs de maladies vénériennes.
Ah bon, c’était pour la bonne cause ? Alors, rien à redire.