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FOLLE D'AMOUR

Chapitre 19

Résumé des chapitres précédents : La discussion entre Charlie et Boris bat son plein. Ces deux-là s’entendent comme larrons en foire ! Nora, un peu larguée, les écoute en sirotant son coktail.

 

         — Et Flip, il est comment ? s'enquiert Charlie.

         — Excellent. C'est un touche-à-tout, comme toi. Tu lui mets n'importe quel objet entre les pattes, il te pond instantanément un sketch. Et le public se tord.

         — Son look ?

         — Rappeur flemmard.

         — Pas très original...

         — Si, justement. Oublie la tripotée de petits branleurs qui sévissent à la télé, si c'est à ça que tu fais allusion. Chez lui, le survêt et la casquette prennent une dimension, comment dire ? mystique.

         — Rien que ça ! 

         — Tu verras... Il passe essentiellement dans les maisons de jeunes, et à chaque fois, les racailles lui font un triomphe. Ils se reconnaissent en lui, s'identifient...

         — Et les médias ne s'en sont jamais emparés ?

         Haussement d'épaules fataliste de Boris.

         — Son heure n'était pas venue, faut croire. Tant mieux pour nous.

         — À côté de lui, je vais faire figure de vieux con, moi, avec mon nez rouge...

         — Penses-tu ! Les valeurs sûres, ça marche toujours. D'autant que « l'humour naît des contrastes », comme on dit.

         Nora s'esclaffe. Détournement de proverbe, elle adore ! Avec la sensation violemment jouissive de montrer ses fesses à sa mère, elle claironne, à contre-temps :

         — Et la bite ne fait pas le moine !

         Un double regard consterné la ramène sur terre (ou plutôt, la fait rentrer sous). 

         — Oups, pardon, bredouille-t-elle. Ça m'a échappé.

         — Fais pas attention, elle tient pas l'alcool, souffle Charlie à Boris.

         D'un geste désinvolte, ce dernier relativise.

         — Dans une équipe comme la nôtre, il faut une base traditionnelle pour ne pas effaroucher le public, poursuit-il sans sourcilier. D'ailleurs, moi-même... 

         — C'est vrai que tu es assez classique, admet Charlie.

         — De toute façon, s'il y a des choses à améliorer, c'est la confrontation de nos quatre personnalités qui en décidera. Et les nécessités du spectacle. Bosser à plusieurs développe la modestie.

                                                                                                                           (A suivre)

 

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