• ZOÉ BORBORYGME

            Episode 14

       Résumé des chapitres précédents : Zoé et Sire Concis ont repéré un silo à grains d’où s’échappe une forte odeur sperme. Mais leur curiosité semble déranger quelqu’un. 

            

             « Pan ! Pan ! »

             Les salves se succédant sans interruption, force fut à Sire Concis de s’éloigner à tire-d’aile.

             — Nous reviendront quand il fera jour, dit-il à Zoé.

             Cette dernière acquiesça : elle tenait presque autant à sa peau qu’à son job !

             Ils rappliquèrent dès l’aube, à pieds, cette fois. Histoire d’échapper à l’œil acéré du tireur fou.

             En fait, ce tireur était une tireuse. La maîtresse des lieux, fermière de son état. Une sorte de baroudeuse armée d’un fusil de chasse, fortement mamelue, portant un jean moulant, des bottes de caoutchouc et un débardeur noir.

             En l’apercevant, le cou de Sire Concis se raidit, gonfla, et sa tête de nœud doubla de volume.

             — Mais... mais... ma parole, tu bandes ! s’indigna Zoé. 

             Entre-temps, la fermièree les avait repérés.

             — Foutez le camp, cria-t-elle en les mettant en joue.

             Nos deux héros se consultèrent des yeux.

             — Qu’est-qu’on fait ? dit Zoé. On se calte ?

               Non, on lui rentre dans le chou !

             Lors, crachant un jet de flammes vers l’altière créature, le dragon murmura :

             — Que vous êtes belle, madame ! Que vous me faites de l’effet !

             Ça lui coupa tous ses moyens, à la fermière. Elle abaissa son arme ; Zoé en profita pour lui tendre la main :

             — Zoé Borborygme.

             — Ruth Prout. Que me voulez-vous ?

             — Que du bien, rassurez-vous, s’immisça Sire Concis.

             Et, inclinant vers elle son cou flaccide, il lui baisa longuement la main.

                                                                                                                                                  (à suivre)

    « GRANDS MOMENTS DE SOLITUDE 155GRANDS MOMENTS DE SOLITUDE 156 »

  • Commentaires

    1
    Mercredi 6 Juin 2012 à 07:43
    Benoît Barvin
    "Fortement mamelue", "Ruth Prout"... Chère Soeur, vous vous surpassez et mettez nos... heu... nerfs, à rude épreuve... M'est avis que cette histoire va durer de longues semaines, du moins est-ce ce que j'espère car je n'ai aucune idée de ce que vous allez nous concocter... et c'est tant mieux!
    2
    Mercredi 6 Juin 2012 à 08:50
    Benoît Barvin
    NOOOONNN???!!! Mais c'est ce qui fait le charme de la création... Tout s'élabore quelque part, derrière l'oeil - évidemment sournois - de Polyphème, à qui on va montrer de quel bois - d'écriture - on se chauffe, non mais!
    3
    Mercredi 6 Juin 2012 à 12:49
    Castor tillon
    Baveux, le baise-main. Tu sais quoi ? J'ai l'impression d'être transporté dans une bande (je ne sais pas si je vais laisser ce mot) de Crumb, ou une histoire de Li'l Abner, d'Al Capp. La profusion mammaire de la fermière, le silo à grains, l'amie bienveillante du symbole sexuel... Les seventies renaissent !
    Jubilatoire.
    4
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:45
    Gudule
    Je t'étonnerais beaucoup en te disant que moi non plus, je n'en ai aucune idée ?
    5
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:45
    Gudule
    Justement, j'en connais un autre qui pratique comme ça (suivez le regard de Polyphème). Ce qui est, note bien, absolument contraire à mes principes, puisque je n'entame jamais un livre ou une nouvelle sans savoir exactement où je vais, quitte à faire volte-face en cours de route. Mais bon, comme les principes sont faits pour être bousculés...
    6
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:45
    Gudule
    Tes comparaisons me vont droit au cœur !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :