• ZOÉ BORBORYGME

    Episode 33

      Résumé des chapitres précédents : Ce sont les alea du métier de trayeuse : Aurore Audoigtdefée est tombée amoureuse d’un de ses patient, le Mollah Mou, et ils ont procréé. Depuis, elle porte la burka, au grand dam de Zoé.

     

             À peine remise de son acouchement, Aurore reprit le travail comme si de rien n’était — hormis le fait, bien sûr, qu’à l’abri de la burka, Aladdin dormait, pendu à sa mamelle.

             Ruth Prout, quant à elle, décida de prendre des vacances. Avec l’aide de Sire Concis, elle aménagea son camion-citerne en un ravissant nid d’amour, et ils partirent se baguenauder dans la nature.

             La vie à la BNS suivait paisiblement son cours, quand un jour...

             Rien ne différenciait ce client des autres, a priori. Sauf ses lunettes noires et sa canne blanche. Lorsque Zoé, ayant terminé le patient précédent, s’approcha de lui avec un « à nous » cordial, il lui déclara :

             — On ne voit bien qu’avec le cœur...

             Touchée par cet aveu, elle sourit.

             — Comme je vous comprends ! dit-elle en le débraguettant.

             Il eut un mouvement de recul.

             — On ne voit bien qu’avec le cœur, répéta-t-il.

             Un peut surprise, elle approuva :

             — Oui, oui.

             Pour la troisième fois, l’aveugle articula sa petite phrase, avec une certaine impatience. Puis, comme Zoé restait silencieuse, il s’enquit anxieusement :

               Vous n’êtes pas Aurore Audoigtdefée ?

               Ah non, moi, c’est Zoé Borborygme.

             — Excusez-moi, j’ai dû me tromper de porte.

             Ayant fait marche arrière, il regagna la salle d’attente (qui était commune aux deux cabinets), et, quelques instants plus tard, Zoé l’entendit, à travers la paroi, répéter à nouveau :

             — On ne voit bien qu’avec le cœur...

             Et là, très clairement, Aurore répondit :

             — ... l’essentiel est invisible pour les yeux.

                                                                                                                           (à suivre)

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  • Commentaires

    1
    Samedi 14 Juillet 2012 à 08:15
    Benoît Barvin
    "Se baguenauder dans la nature", j'aime beaucoup... Quant aux sentences de Sagesse, hum, j'y vois certains clins d'oeil, n'est-ce pas? Je suis curieux de savoir ce qu'elles vont donner, ces sentences, dans cet univers de gentil stupre et de caresses illicites mais bienvenues...
    2
    Samedi 14 Juillet 2012 à 14:56
    La Zèbre
    Et c'est tant mieux !
    3
    Samedi 14 Juillet 2012 à 18:29
    Castor tillon
    Je suis bien d'accord : avec la burqa, l'essentiel est invisible pour les yeux.
    4
    Samedi 14 Juillet 2012 à 18:50
    Castor tillon
    Non non, il fallait que ce soit dit. J'ai été tenté de l'écrire "burCCa", mais ça fait effectivement trop joufflu.
    5
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:44
    Gudule
    Ah ah, patience, ami, patience... Nous ne sommes pas encore au bout de nos peines !
    6
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:44
    Gudule
    Ben c'est ça, hein, les feuilletons ! Moi, j'adore (en lire et en écrire). Dans mon enfance, les feuilletons radiophoniques étaient très à la mode. Le plus passionnant de tous, "Signé Furax", de Pierre Dac et Francis Blanche, m'a tenue en haleine tous les soirs pendant des mois. C'était complètement déjanté, souvent absurde, toujours rigolard, et je n'aurais pour rien au monde loupé un épisode.
    7
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:44
    Gudule
    Tu dois te demander, ainsi que Benoît et d'autres lecteurs de ce blog, pourquoi j'écris "burka" avec un "k". Il y a deux raisons à cela. La première, c'est que pour moi, mettre un q sans u, c'est choquant. Et mettre un cul à la tenue la moins glamour qui soit, plus encore. Je m'en tiens donc à l'ancienne orthographe (qui vaut l'actuelle puisque, les consonnes arabes n'ayant pas de véritable équivalence en français, le choix du "c", du "q" ou du "k" est parfaitement arbitraire.)
    Oh, bordel, qu'est-ce qu'il est sérieux, ce commentaire. J'ai honte !
    8
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:44
    Gudule
    À ne pas confondre avec Pucca, l'icône japonaise des moins de cinq ans !
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