• ZOÉ BORBORYGME

    Episode 64

             Quelle angoisse, ce casino désert, abandonné en hâte par les fuyards ! On a presque l’impression que ce sont des esprits qui jouent à la roulette. Où des êtres invisibles... Enfin, ça, c’est ce que je ressens, mais j’ai trop d’imagination, paraît-il. 

     

             A l’étage supérieur se trouvait le restaurant.

             — Vous n’avez pas une petite faim, vous ? s’enquit Sire Concis.

             Grâce à la clim, les mouches avaient épargé le somptueux buffet du petit déjeuner. Paniers de fruits exotiques, brioches, viennoiseries, pain de mie, beurre, confitures voisinaient avec des yaourts, des œufs durs, des tranches de gruyère et des ramequins de Vache qui rit.

             — Juste un café, pour moi, dit Zoé.

             — Va t’asseoir, je te l’apporte. 

             Tandis qu’ils se sustentaient, Ruth Prout, à qui la curiosité coupait l’appétit, s’éloigna en loucedé.

             — Moi, j’étais fait pour la vie de palace, déclara Sire Concis, en engouffrant des quantités hallucinantes de nourriture. Cette abondance... Ce luxe... Franchement, je ne m’en lasse pas.

             Il terminait son quatrième plateau quand le hurlement rententit.

             — Ruth ! s’étrangla Zoé en repoussant sa chaise pour se précipiter en direction du bruit.

             Elle escalada quatre à quatre l’escalier qui débouchait dans le grand couloir du premier étage. Tapis de velours rouge... Lumières tamisées... Murs tapissés de portes portant chacune une petite plaque de cuivre avec un numéro...

             — Ruth ! Ruth ! Où es-tu ?

             Pas de réponse.

             Si !

             Un faible, très faible gémissement.

                                                                                                                             (A suivre)

     

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  • Commentaires

    1
    Vendredi 14 Septembre 2012 à 08:18
    Benoît Barvin
    OH NOOONNN!!! Juste au moment où on allait savoir... Savoir quoi, déjà? J'ai perdu un peu le fil, aussi ai-je commencé à relire les z'aventure de Zoé depuis le début. J'adooore ce feuilleton, et j'espère qu'il va durer longtemps... Je suis comme un(e) môme à attendre, tous les deux jours, la suite de ces périples gouleyants. Et si j'en crois les commentaires de mes commensaux, je ne suis pas le seul. VIVE SOEUR GUDULE et longue vie à Zoé!
    2
    Vendredi 14 Septembre 2012 à 13:44
    Castor tillon
    Alors ça, c'est déloyal ! Je suis sûr que le prochain épisode va se terminer sur une virgule. Ces écrivaines se croient vraiment tout permis, avec leur immense talent.
    Je fais corps avec le com de Benoît.
    3
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:42
    Gudule
    Merci, merci ! Je raffole de ces petits mots adorables ! En revanche, je m'aperçois que j'ai écrit "des portes portant" et ça, quand même, c'est impardonnable. Ma seule excuse est que j'écris ce feuilleton au jour le jour, et parfois dans l'urgence... En me demandant chaque fois ce que je vais bien pouvoir raconter le lendemain. Ceci dit, c'est très rigolo, comme expérience.
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