• Après la Marseillaise, la colombienne


    L’autre jour, le grand Lulu, qui est éducateur spécialisé à Sarcelles, piquait sa crise.

    « Tu te rends compte ? beuglait-il. Non seulement la première dame de France se montre à poil dans les magazines, mais en plus, elle fait l’apologie de la drogue ! »

    Ça, ça le révulsait. Forcément : en tant que membre actif de l’Education nationale, il a de lourdes responsabilités…

    « Bon, les photos dans la presse, j’en ai rien à cirer : c’est des trucs pour adultes qui ne concernent pas les mômes. Mais la chanson, hein ? La chanson qui passe en boucle sur toutes les radios : « Tu es ma came, ma volupté suprême, je t’aspire, je t’expire, je me pâme », émise d’une voix à faire triquer un mort ? »

    Moi, pour être honnête, je trouvais ça plutôt rigolo. Une métaphore, ça s’appelle. On dit des trucs mais c’est pas vrai, c’est juste pour faire joli.

    «  Réfléchis un peu, a bondi Lulu. À qui s’adresse-t-elle, cette métaphore ? Au chef de l’Etat. Celui-là même qui pond des lois foutant les p’tits dealers au trou. Comment veux-tu que mes gamins s’y retrouvent, après ça ? Comment veux-tu qu’ils me croient quand je leur dis que la dope, c’est antisocial ? »

    J’ai trouvé qu’il exagérait : paraît que les bénefs de l’album seront reversés à la Fondation de France.

    « De quoi tu te plains ? j’ai répondu. Si la fameuse chanson banalise la drogue tout en rapportant des thunes pour la combattre, ça équilibre, non ?

    — Ben voyons, a ricané Lulu. D’ici qu’on me les désintoxique avec du sarko de substitution, mes pauvres racailles, il n’y a qu’un pas. Tu les imagines accros au président ? »

    Houlà ! Effectivement si, comme le chante madame la présidente, son chéri est « plus dangereux que la blanche colombienne », ça craint !

    N’empêche, en voilà au moins une que l’amour ne rend pas aveugle !


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  • Autant en emporte mon cul


    Alors là, j’y comprends plus rien. De l’avis général, les enfants sont de plus en plus violents. Les profs se font agresser pendant les cours, des bandes de minots hauts comme trois pommes tabassent des clodos, et même, des fois, commettent des crimes. Dernière affaire en date : le bébé dégommé à coups de pierres par deux prépubères, à Bonifacio. Pas exprès mais bon. Tout le monde s’indigne, normal. On dit : « Les enfants d’aujourd’hui n’ont plus le sens des valeurs, c’est la faute aux parents démissionnaires ». Moi, je veux bien, mais il y a quand même deux trois trucs qui me troublent…

    « La chasse est victime de la désaffection des jeunes », affirment les sociétés de chasse. La moyenne d’âge des tueurs de lapins, de biches et de petits oiseaux se situe entre 58 et 62 ans ; des papis flingueurs, quoi ! Monsieur Jean Grala, président de l’association de gestion cynégétique d’Equerchin et du groupement d’intérêt cynégétique du Douaisis (ça signifie qu’il est chasseur en chef, je suppose) se demande avec angoisse : «  Mais où qu’elle est, la relève ? Pourquoi ces petits trous du cul préfèrent-ils fumer des pétards en lisant des mangas que pratiquer de sains divertissements de plein air ? » Du coup, il lance un appel aux bons pères de famille : faut qu’ils initient le plus tôt possible leurs mômes aux joies de la chasse. En gros, qu’ils leur mettent un fusil dans les pattes et leur apprennent à s’en servir.

    Et ce n’est pas tout ! Vous connaissez Michelito ? C’est le fils de Michel Lagravère, un ancien torero qui lui a donné précocement le goût du sang. À dix ans, ce petit Mozart de banderille galvanise les foules. Or, il vient, d’être, par deux fois, interdit d’arène en France « pour raisons de sécurité ». Son père est indigné ! » Mon fils joue simplement avec une cape et des muletas, comme les 300 enfants inscrits dans les écoles taurines françaises ! », affirme-t-il. En revanche, quand il se produit en Amérique latine, Michelito, qui torée depuis l’âge de six ans, participe activement à des spectacles de mise à mort. Le plaisir de tuer ne s’apprend jamais assez tôt !


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