• UNE MAGNIFIQUE CRITIQUE !

    Jean-Michel Archaimbault, éminent critique de romans SF et fantastiques, romancier lui-même, et auteur de la préface du "Club des petites filles mortes", vient de m'envoyer cette note à propos du "Petit jardin des fées". Je vous la livre toute chaude, et avec un plaisir facile à deviner ! 

    Commentaires sur Le Petit Jardin des Fées, par Anne Duguël, éditions Mic_Mac, octobre 2010

     

    Dans la préface au Club des Petites Filles Mortes, paru en mars 2008 et premier des deux omnibus consacrés par Bragelonne aux romans fantastiques très sombres d'Anne Duguël alias Gudule, j'avais écrit au sujet de ceux dont les enfants sont les personnages centraux : "Peut-être eût-il fallu visiter la contrée des grands avant celle des petits, afin d’éclairer les problématiques des plus jeunes par celles qu’affrontent leurs aînés."

    Tel est en partie le cas pour ce Petit Jardin des Fées dont le titre évoque d'abord la fantasy ou, mieux, les contes merveilleux qui nourrissent l'imaginaire enfantin. En effet, l'on y explore en profondeur le monde des adultes d'un très pittoresque petit village du Tarn, par une plongée savamment dosée dans un passé dont tous les secrets et les non-dits remontent à la surface. Mais l'on y suit aussi l'évolution d'un trio de gamines que leurs jeux d'un été vont conduire à catalyser une réaction dévastatrice pour tout le microcosme local.

    Dans ce roman, il n'y a pas de narrateur extérieur. S'expriment à tour de rôle les personnages principaux, adultes et enfants, chacun dans son style propre et selon son optique individuelle. Ce qui est déjà une prouesse dont tous les auteurs ne sont pas capables... Ces multiples éclairages complémentaires donnent un relief exceptionnel au texte. Ils permettent d'aborder de façon directe et intimiste de très nombreux thèmes liés à la "colonisation" – très lucidement étudiée – des vieux villages quasi abandonnés par des envahisseurs, français ou étrangers, que l'argent autorise à s'imposer en nouveaux maîtres. Ils nous montrent aussi la vision enfantine des choses, avec cette inclination naturelle à rendre innocent ce qui ne l'est peut-être pas. Et, comme à l'accoutumée avec Anne, ils nous font pénétrer peu à peu dans les abîmes ténébreux qui se cachent sous des apparences physiques ou morales des plus respectables. "Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se conserve..." De sorte qu'en appelant les fées, ce sont parfois de vieux démons que l'on ressuscite.

    Nous sommes donc dans la lignée de Petite Chanson dans la Pénombre, mais avec a priori moins de cruauté, d'horreur et de méchanceté, et pas du tout de surnaturel. Ce qui rend le propos encore plus effrayant. Pour son retour au roman noir "pour adultes", Anne Duguël signe l'un de ces rares livres que les amateurs du genre attendent comme des messies des ténèbres...

    Alors, Gudule, lance-toi vite dans le prochain !

     

    Jean-Michel Archaimbault, le 26 octobre 2010

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