• ROSE 9

     

     

                                                 VIRÉE EN VILLE

     

    Fin septembre.

    — Je descends à Beyrouth, annonce Amir un beau matin. On a rendez-vous avec l'orchestre pour un nouveau contrat à l'hôtel Saint-Georges.

    Rose, qui rêvassait dans son hamac, saute sur ses pieds.

    — Je vais avec toi : ça fait une éternité que je ne suis pas passée au journal, ils doivent se demander ce que je deviens. Et puis… il faudrait quand même que j'aille voir mon oncle et ma tante.

    Pfff, pour ce qu'ils s'intéressent à toi.

    —Oh, de son côté à lui, pas de problème.  C'est elle… Mais bon, j'ai pitié d'eux : il y a si longtemps qu'ils n'ont pas vu Grégoire.

    Sa grossesse l'emplit de mansuétude à l'égard de l'humanité tout entière, Zénab comprise.

    — Grouille-toi, alors, conclut Amir en consultant sa montre. On part dans cinq minutes.

    OK, boss.

    Rose se rue sur son fils, le change à toute vitesse, se recoiffe, empoigne son sac… non sans trébucher une demi-douzaine de fois dans l'ourlet de sa robe.

    — Faudrait que je la raccourcisse, grogne-t-elle, en installant Grégoire à l'arrière de la voiture. Je vais finir par me casser la figure, maladroite comme je suis.

    Elle prend place à son tour.

    — Mais j'ai peur que ça laisse une marque dans le tissu.

    Bien loin de ces considérations pratiques — et éminemment féminines —, Amir démarre.

    Tu en auras pour longtemps ? s'enquiert Rose.

    — Je ne sais pas exactement. Le directeur du Saint-Georges nous invite à bouffer. Le temps de discuter, on devrait avoir fini vers trois heures et demie-quatre heures, je suppose.

    — Ce sera parfait pour moi. Je grignoterai un morceau près du journal et j'irai prendre le café rue Abdel-Wahab. On se retrouve à quatre heures et demie chez mon oncle ?

    — D'accord, mais je te préviens, je n'entre pas. Je me gare devant chez lui et je t'attends dans la voiture. Tâche d'être exacte.

    — Promis-juré. De toute façon, je ne compte pas m'attarder : au bout d'un moment, Grégoire devient pénible.

    Sentant qu'on parle de lui, le petit garçon se manifeste :

    — Veux gâteau !

    Rose plonge dans son sac, en sort un petit-beurre qu'elle lui tend, tout en remarquant :

    Tu vois, il commence déjà.

    « ROSE 8ROSE 10 »

  • Commentaires

    1
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 10:14
    Ryko
    Je ne comprends pas la phrase à la fin "Sentant qu'on parle de lui, le petit garçon se manifeste".

    Pour le reste, rien à dire, à part mes conneries habituelles. Mais ce matin, je ne suis pas d'humeur. T'inquiète, ça va revenir.
    2
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 13:23
    Gudule
    Euh, je ne comprends pas ce que tu ne comprends pas. Les mômes font tous ça, non ? Dès qu'on parle d'eux,(et qu'il s'en rendent compte) ils font les malins !
    3
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 13:25
    Gudule
    Tu t'es levé du pied gauche ? T'as des soucis ? Y a des gens qui t'embêtent ? T'as reçu ta feuilles d'impôts ? ("Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ?"répondit Ryko dans un soupir las.)
    4
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 14:01
    Castor tillon
    Je suis d'accord, il faut toujours raccourcir les robes. Personne n'a jamais vu une femme se prendre les pieds dans sa mini-robe.
    5
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 15:35
    Gudule
    Mais ma parole, vous êtes faits pour vous entendre, Castor et toi !
    6
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 19:06
    Ryko
    Je sais que les mômes font tous ça, mais au moment du récit où tu écris cette phrase, il me semble que les adultes parlent d'autre chose. C'est comme ça que je l'ai ressenti. Ecco.
    Bisou.
    7
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 19:11
    Ryko
    Saperlopipette !!!! Je viens de relire. J'ai pas les yeux en face des trous. J'avais loupé la phrase :
    — Promis-juré. De toute façon, je ne compte pas m'attarder : au bout d'un moment, Grégoire devient pénible.
    Nan maisallôquoi ! Ça me vaut rien de passer mes nuits dans l'HTML jusqu'au coup. Je file me rouler dans la cendre. Si elle froide, parce que hein...
    8
    Jeudi 9 Janvier 2014 à 20:26
    Gudule
    C'était l'histoire de l'homme qui avait sauté une ligne et qui ne comprenait pas la chute de la blague. Mais qui songerait à le lui reprocher, dites voir ? Surtout si la ligne a apprécié...
    9
    Vendredi 10 Janvier 2014 à 00:27
    Mêo
    Ouais ben c'est rafraichissant un pitite nenfant qui n'en veut du gâteau. Si.
    Ça décrasse le neurone en fin de journée caca. Merci Gudule.
    10
    Vendredi 10 Janvier 2014 à 02:45
    Gudule
    Le problème, c'est que les nenfants, ils veulent TOUJOURS des gâteaux !
    11
    Vendredi 10 Janvier 2014 à 21:23
    Gudule
    Hi hi !
    12
    GH
    Vendredi 10 Janvier 2014 à 23:53
    GH
    Les p'tits beurres, c'est éternel et universel… Enfin, c'est ce que je crois après l'avoir vérifié sur trois générations…
    Généralisation très empirique et très subjective, j'en conviens, mais je suis en retraite et ça m'en donne le droit !
    13
    Samedi 11 Janvier 2014 à 11:03
    Gudule
    On a dû avoir un peu les mêmes expériences alimentaires...
    14
    Pierre-Yves Delarue
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:29
    Pierre-Yves Delarue
    Quoi de plus beau qu'une mini-robe, surtout blanche, légèrement transparente, en contre-jour, une après-midi d'été, avec des cuisses bien bronzées, sur les trottoirs marchands de la grande ville... avec un petit-beurre tout croustillant ?
    15
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:29
    Pata															l
    Avec sa robe longue, elle a tout d'une gitane malice, de quoi faire un tabac !
    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :