• ROSE 22

     

     

                                       SUR DES CHARBONS ARDENTS

     

    Neuf heures. Amir émerge, retire ses boules Quiès. (« Autant que l'un de nous deux passe des nuits correctes », a-t-il dit à Rose, en inaugurant cette nouvelle "stratégie du silence" qu'il pratiquera, toute sa vie durant.) Rose a approuvé avec bienveillance : il vient de reprendre les concerts au Saint-Georges et se couche fort tard. Faut donc qu'il récupère. En plus, ça servirait à quoi qu'il dorme mal ? Il ne peut tout de même pas donner le sein à sa place !

    — Omane est à la clinique, lui annonce-t-elle.

    Il bondit :

    — Depuis quand ?

    Cette nuit.

    Ça devrait être fini, alors.

    — Pas sûr. Pour un premier enfant, c'est quelquefois très long. Moi, avec Grégoire, j'ai mis une vingtaine d'heures.

             — Vingt heures ? s'effare Amir. Vingt heures à souffrir le martyre ?

    Flattée, Rose sourit.

    Ce n'était pas le pire.

    Ah ? C'était quoi, alors ?

    Tu n'étais pas près de moi.

     

                                                    *

     

    La matinée se passe à guetter le retour de Rachad.

    — Qu'est-ce qu'il fiche, bon sang, qu'est-ce qu'il fiche ? s'énerve Amir.

    Si on téléphonait ? suggère Rose.

    Bonne idée, tu as le numéro de la clinique ?

     Sur la facture, dans le tiroir du buffet.

    Il appelle, tandis qu'elle prépare le déjeuner de Grégoire. Parlemente quelques minutes. Puis revient, l'air préoccupé.

    Les choses ne se passent pas très bien, apparemment.

    Comment ça, pas très bien ?

    — La standardiste ne m'a pas donné de détails, mais j'ai bien senti qu'il y avait un problème.

    Il se mord les lèvres.

    On devrait peut-être y aller ?

    —Avec les deux petits ? Ce ne serait pas raisonnable… Non, vas-y, toi, et avertis-moi dès que tu en sauras plus.

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 10:41
    Annie Emène
    La stratégie du silence ? Se retirer du monde en laissant aux autres le soin de le gérer pendant ce temps-là ?
    2
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 13:13
    Ryko et ratum
    Ma stratégie du silence, ce n'est pas "ne rien entendre", c'est – exceptionnellement – "ne rien dire".
    Ou presque.
    3
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 13:14
    Ryko
    Penser à démaquiller ma signature.
    4
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 13:37
    Ardents, les charbons :-(
    5
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 14:34
    6
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 14:58
    Castor tillon
    Je suis rassuré : la stratégie du silence de Ryko, c'est pas pour aujourd'hui.
    7
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 16:44
    Annie GH
    Ryko, silencieux ? On s'inquiéterait !
    8
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 16:45
    Annie GH
    Je regrette mon premier commentaire, inutilement misanthrope
    9
    Mercredi 22 Janvier 2014 à 19:22
    Gudule
    Bof, n'aie pas de regrets : on éprouve tous ça, à un moment ou à un autre !
    10
    Jeudi 23 Janvier 2014 à 11:20
    Castor tillon
    J'ai connu une standardiste qui avait souvent des pharyngites, et allait bosser même quand elle était aphone (véridique). Du coup, elle passait ses journées à se faire copieusement engueuler et insulter sans pouvoir répliquer. Le plus drôle, c'était quand elle n'avait qu'un petit filet de voix, extrêmement ténu et suraigu. Les correspondants croyaient qu'elle se payait leur tête, et se déchaînaient.
    11
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:28
    Pata															l
    Aussi contradictoire que cela puisse paraitre, quand la standardiste reste sans voix, c'est que l'accouchement est à son inverse : pas standard. Et un peu inquiétant aussi !
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