• ROSE 127

     

     

                                                ENFIN !

     

    Après-midi sinistre, en dépit du beau temps et des efforts d'Ida pour détendre d'atmosphère. Comme par un fait exprès, Grégoire et Olivier accumulent les bêtises. Rose tempête, se fâche, les gamins récidivent, si bien que vers huit heures :

    — Tu peux les coucher ? demande-t-elle à sa tante. Moi, si ça continue, je vais péter les plombs. Il vaut mieux que j'aille me promener.

    Et où ? Je vous le donne en mille.

    Rue Gaillard-cheval, eh oui.

    Vers chez les Lambermont.

    Là où elle allait quand elle était petite et avait besoin de réconfort.

    Etienne, qui prend le frais à sa fenêtre, l'aperçoit.

    Ça va ? interroge-t-il.

    Rose fait "non" de la tête.

    Attends-moi, j'arrive.

    Dans la seconde qui suit, il est là.

    Qu'as-tu, m'feye *?

    Pour toute réponse, elle hausse les épaules. Il y a toute la détresse du monde, dans ce geste-là.

    Comme autrefois, il lui ouvre les bras. Elle s'y blottit. Cherche de la joue le creux de son épaule.

    — Ton mari est parti et tu déprimes, c'est ça ?  

    — Oui.

    Mais moi, je suis là !

    Les mêmes mots que jadis, les mêmes. À peine moins innocents.

    À peine moins innocentes, aussi, les lèvres qu'elle sent s'égarer dans ses cheveux.

    Rose…

    Elle lève la tête. La bouche d'Étienne n'est qu'à deux doigts de la sienne. Moins, même. Beaucoup moins. Et se rapproche encore.

    L'effleurement lui fait l'effet d'une décharge électrique. Elle bondit en arrière.

    Eeeeh !

    Toute douceur l'a quittée comme par enchantement.

    Tu…, commence Etienne, livide.

    D'un geste, elle lui coupe la parole.

    — Ça s'appelle abuser de la situation, ça, mon p'tit bonhomme ! Et ce n'est pas joli-joli !

    Puis, le plantant là, elle rentre en courant chez sa tante.

     

     

    Elle n'en sort pas pendant deux jours.

    Jusqu'au coup de fil d'Amir, en fait.

    Qui lui annonce : « Ça y est, j'ai trouvé un appartement ! »

    Commentaire amusé d'Ida :

    — Il paraît que la foi soulève des montagnes… Les foies aussi, dirait-on !  

     

     

    * M'fye : petit nom tendre signifiant littéralemment "ma fille"

     

     

     

     

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  • Commentaires

    1
    Mercredi 7 Mai 2014 à 08:47
    Pata
    Hé, hé, joli mot de la tante !
    Pas mieux ^^
    2
    Mercredi 7 Mai 2014 à 16:37
    Tororo
    Y aurait-il un petit côté Castor chez Ida? Ou un petit côté Ida chez Castor?
    3
    Mercredi 7 Mai 2014 à 19:45
    Castor tillon
    Y aurait-il un petit corridor chez Casta ?
    4
    Mercredi 7 Mai 2014 à 19:52
    Gudule

    Que répondre à ça, sinon se taire et ricaner ?

    5
    Mercredi 7 Mai 2014 à 21:38
    Castor tillon
    Ouf. J'ai eu peur qu'on me suggère une petite corrida chez Castor.
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    6
    Samedi 10 Mai 2014 à 10:44
    Annie GH
    Vous êtes trop !!!
    7
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:25
    Gudule
    Au niveau de la gentillesse ou du jeu de mots ?
    8
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:25
    Gudule
    Ou une petit castagne sans costar ?
    9
    Gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:25
    Gudule
    Des vieux gamins.
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