• LE BEL ÉTÉ 35

     

     

                                             EMPLIR D’ÉTOILES UN CORPS QUI TREMBLE

     

            

                 Au début des années quatre-vingts, j’avais écrit, dans une « Psychanalyse de la braguette » (ma rubrique mensuelle chez Fluide Glacial) : Le jour de la fin du monde, si je peux me blottir entre les bras d’un homme, j’en aurai rien à battre du Grand Chambardement. Bon, des bras d’homme — et quel homme ! — m’étant ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c’était le moment de mettre ce concept en pratique. Je pensai donc à la mort, et j’y pensai beaucoup. En permanence, même. Disparaître avant  de n’être plus (qu’un légume, une épave, un objet de répugnance, au choix)  était devenu mon obsession. Mais bon, se flinguer, c’est pas facile, et ça demande un courage que je n’aurai jamais. Quant au suicide médicalement assisté, si nos voisins du Nord ont l’humanité de le pratiquer, même à dose homéopathique, ce privilège nous est refusé, à nous, Français. On en viendrait à souhaiter, aux obscurantistes qui nous gouvernent, les agonies les plus atroces afin que, se sentant directement concernés, ils ouvrent enfin les yeux sur celles de leurs électeurs.

                « Ah, comme j’aimerais ne pas me réveiller ! » me répétais-je chaque soir. M’éteindre doucettement dans une étreinte très tendre, bercée par le chant des grenouilles. Que ma dernière vision soit un visage penché sur moi, illuminé par le plaisir ; et ma dernière sensation avant le néant final : « emplir d’étoiles un corps qui tremble, et tomber mort, brûlé d’amour, le cœur en cendre », selon la si jolie expression de Jacques Brel.

               Parfois, ce vœu pieux (ou impie, suivant l’angle où l’on se place ) j’osais en faire part à Castor qui me répondait dans un sourire :

    — Pourquoi veux-tu mourir entre mes bras alors que tu peux y vivre ?

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 09:53
    Tororo
    Il pose de bonnes questions.
    2
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:08
    Flore
    Ton texte m'évoque la chanson de Balavoine "Partir avant les miens". Ceci dit Castor a totalement raison, pense d'abord à vivre au lieu de songer à mourir...
    3
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:16
    Gudule
    @ Tororo : certes
    4
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:17
    Gudule
    @ Flore : certes également, mais on ne contrôle pas toujours ses pulsions.
    5
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:35
    Ryko
    A moi, il n'a jamais dit de choses aussi belles, le Castor. Mais c'est normal, il est plus du genre à aimer une princesse qu'un lutin. Pff.
    6
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:52
    7
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 10:52
    Mêo
    Il parait tout petit, mon coeur, mais il n'en pense pas moins
    8
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 11:00
    Gudule
    Eh, ho, Mêo, tu es quand même la dame au cœur qui chante, hein ! Alors, petit ou pas...
    9
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 11:04
    Gudule
    @ Ryko et Lunatik : Ni conneries ni rien : la parole du castoridé est douce comme un chamallow (surtout quand il parle en mangeant !)
    10
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 11:13
    Castor tillon
    Note que, étant très poli, je m'abstiens de manger la bouche pleine.
    11
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 17:07
    Castor tillon
    ô mon Rrryko, veux-tu mourrrir dans mes brras ?
    12
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 17:09
    Castor tillon
    @ Lunatik : bien dit, corne verte, trop de gens en doutent.
    13
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 18:28
    Gudule
    Nan mais ça va aller, vous deux ? Et toi, Lunatik, arrête de les encourager, foutre bleu !
    14
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 18:50
    Ryko
    Heu... Finalement, Castor, je trouve que notre relation de bons vivants a ses charmes. Et puis je ne voudrais pas te filer une hernie.
    15
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:06
    Gudule
    Une hernie... ou une scène de ménage ?
    16
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:12
    Gudule
    Bonne réponse mais pas LA bonne. Attends d'main et tu connaîtras le fin mot de l'histoire
    17
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:13
    Gudule
    Mais bon, l'essentiel est quand même que cette question ait donné lieu à un débat fendard.
    18
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:17
    Castor tillon
    Effectivement, j'ai pas envie d'avoir l'air nie.
    Gudule, une scène de ménage ? J'y crois pas. Et si ça arrive, je veux avoir le caméscope sous la main pour me repasser le film en boucle les jours de spleen.
    19
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:25
    Ryko
    Une scène de ménage ?! Gudule, tu sais manier quoi comme arme tranchante ? Je veux dire, à part la plume. Parce que si tu essaies le rouleau à pâtisserie, il t'en fait des chips en moins de deux, le rongeur.
    20
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 19:34
    Gudule
    Le glapissement hystérique, comme arme tranchante, c'est pas mal, et on ne peut pas en faire de copeaux. La réflexion odieuse, idem. Il disait quoi, déjà, le philosophe grec ? La langue est la meilleure et la pire des choses. Je me refuse à développer ce concept ici, mais on sent tout de suite l'homme qui a vécu !
    21
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 20:16
    Ryko
    Ton philosophe, c'était pas So crade ?
    22
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 20:56
    Gudule
    M'étonnerait pas, vu que son histoire de langue est pas très ragoutante.
    23
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 21:29
    Ryko
    Gudule nous dit "on sent tout de suite l'homme qui a vécu". Se pourrait-il que ce soit Michel ompafray ?
    24
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 21:37
    Gudule
    Comment sais-tu que je peux pas le sentir, ce ompafrais-là ?
    25
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:19
    Ryko
    Ompafray. C'est comme Vanessa Paradis.
    26
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:20
    Ryko
    Suspense...
    27
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:21
    Ryko
    On aime ou on n'aime pas, mais on en parle.
    28
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:22
    Ryko
    T'as vu ça ? C'était insoutenable, hein ?
    29
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:27
    Gudule
    Euh... j'avoue que la confusion entre le paradis, le pas radis et le omfray pas frais m'interpelle quelque part au niveau du vécu. Et je dirais même "m'angoisse" si je ne craignais d'abuser.
    30
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:30
    Ryko
    J'aime beaucoup cette expression "interpelle quelque part au niveau du vécu" Surtout quand on procède à l’ablation de "inter" et de "vé".
    31
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:35
    Gudule
    Aaaah, d'accord ! Je n'aime ni l'un ni l'autre, mis à choisir, je réfère quand même Vanessa. Elle dit moins de conneries.
    32
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:38
    Gudule
    En plus, pour ce qui est d'en parler, ben on en parle. Du moins, ce soir. Tout cela ne me dit rien qui vaille...
    33
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:44
    Ryko
    Tu as raison. Il est temps que je débranche mes neurones avant que les dégâts soir arivedercibles. A demain, très chère.
    34
    Jeudi 5 Décembre 2013 à 23:48
    Gudule
    Bouénasse not'chaise, amigo mio.
    35
    Vendredi 6 Décembre 2013 à 07:42
    Ryko
    Alors, ça vient ce n° 36 ? Fais gaffe de ne pas renverser de café au lait sur Christian.
    A tout de suite.
    Bonjour Gudule.
    36
    Vendredi 6 Décembre 2013 à 08:59
    Gudule
    Ayé ! Et Christian est intact ! Vive moi !
    37
    Vendredi 6 Décembre 2013 à 09:00
    Gudule
    Coucou, Ryko ! Fait si brumeux que je n'aperçois pas le bout de mon nez, c'matin.
    38
    Lunatik
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:30
    Lunatik
    Comme quoi il ne dit pas QUE des conneries, ce vil castoridé à foie jaune.
    39
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:30
    Pata															l
    Ben oui, effectivement... Le suicide, c'est un moyen de mettre un terme à la souffrance, d'échapper à la déchéance... Mais c'est aussi un renoncement, un abandon. Deux mots qui peuvent être positif, quand on parle d'amour ou de foi, mais pas quand il s'agit de toi !
    40
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:30
    Pata															l
    Parce qu'il est des lumières qui en s'éteignant laissent d'autres dans le noir...
    41
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:30
    Pata															l
    Mais bon, j'arrête de faire ma moralisatrice, c'est juste mon point de vue et il est conditionné (forcément !) par mon vécu propre... Je comprends cette décision; même si j'ai du mal à la pardonner je sais bien que c'est parfois la seule manière de rester encore soi, au moment de plier bagage.
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