• grands moments de solitude 84 (tome 2)

     

                                       Irma la douce (suite et fin)

     

             Cependant, à la longue, il fallut quand même avouer la vérité à ma famille. Mon frère Claude s’en chargea, lors d’un de ses trop brefs séjours en Belgique. Il commença par prévenir mon père, qui, avec mille précautions, mit maman au courant. Elle pleura beaucoup et, prenant le ciel à témoin, clama avec emphase :

             — J’ai enfanté une fille qui vit dans le péché. Qu’ai-je fait pour mériter une pareille épreuve ?

             Puis, au terme de cette question fondamentale, elle téléphona à tante Irma, tout en me lançant, péremptoire :

             — Cette nouvelle va la tuer, et tu auras sa mort sur la conscience !

             Or, non seulement la bonne vieille survécut, mais quand maman lui annonça :

             — Tiens-toi bien, ma pauvre : la petite a un amant.

             Elle répondit d’un ton placide :

             — Et alors ? C’est de son âge. 

             Ce qui me fit penser qu’au cours des quinze dernières années, la chère créature s’était bien dessalée. Qu’avait-elle donc vécu à l’insu de ses proches qui lui ait ainsi élargi l’esprit ? Nous ne le saurons sans doute jamais puisqu’elle s’éteignit six mois plus tard en emportant son secret dans la tombe.

     

    « grands moments de solitude 83 (tome 2)grands moments de solitude 86 (tome 2) »

  • Commentaires

    1
    Yunette
    Lundi 17 Août 2015 à 08:20
    L'aigreur qui rend doux, comme quoi ;)
    2
    Lundi 17 Août 2015 à 09:09

    Quand la douceur se pointe...

    3
    Mardi 18 Août 2015 à 18:16

    Eh ben, on relativise de belle manière à l'arrivée de la fin... Et c'est la maman de Gudule qu'à du en avoir l'air, fin :)

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :