• grands moments de solitude 188 (tome2)

                                                                   Tics d’écriture

     

             L’Année de ma sixième, on avait Ronssin  comme prof de français. Or, cette enseignante, pourtant très compétente, fut à l’origine d’une faute d’orthographe qui me poursuivit toute ma vie.

             Ce lundi-là, c’était jour de dictée.

             Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille, commença la prof en entrant dans la classe, un bouquin à la main.

             « Tu attendais le Soir, il descend, le voici.

             Une atmosphère obscure enveloppe la ville… »

             En écho, je récitai le poème à voix basse. Du Baudelaire, pensez ! Mon idole ! Je connaissais par cœur  Les Fleurs de Mal !

             Soudain, je sursautai :

             Une ambiance obscure enveloppe la ville, poursuivait Ronssin en louvoyant dans les travées.

             Je levai un doigt timide :

             — Euh… pas « ambiance », mademoiselle, « atmosphère » !  Sinon, il manque un pied.

             La prof rougit, me félicita pour mon érudition et, calmement, expliqua :

             — Anne a raison. Je ne me rappelais plus s’il fallait un ou deux « h » à « atmosphère », et dans le doute, je l’ai remplacé par un synonyme.

             Dorénavant, à chaque fois que j’écrivis le fameux mot, la voix de Mlle Ronssin me revint en mémoire et je changeai moi aussi « atmosphère » en « ambiance ».

             Ainsi chope-t-on des tics d’écriture.

            

            

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  • Commentaires

    1
    Anne-Marie
    Samedi 10 Janvier 2015 à 15:41

    Chère Gudule, Je reviens sur ton blog après plusieurs semaines d'infidélité... mais je sais que tu ne m'en voudras pas. J'aime beaucoup cette série de textes sur les petits instants de nos vies... Il m'est arrivé un peu la même aventure avec un prof de français. Je n'ai jamais été douée pour l'orthographe... même maintenant. Mais un prof de français m'a affirmé que c'était parce que j'avais trop d'imagination... un jour elle m'a rendu une "composition française" dans laquelle j'avais employé (sans doute pour l'impressionner) le mot néphaste, écrit avec "ph" et devant toute la classe elle a justifié cette façon de l'écrire en disant qu'effectivement avec un "f", ce mot là n'avait rien de néfaste !


    Je profite de ce petit mot pour te souhaiter une belle année 2015. Je t'embrasse. Ta copine.


     


     

    2
    Samedi 10 Janvier 2015 à 20:46

    @ anne-marie : merci pour ton petit mot qui me touche beaucoup. J'ai eu la même aventure avec phantasme (et ce, après une longue discussion avec un collègue écrivain.)

     

    je t'embrasse très fort. J'ignore si nous aurons encore le plaisir de nous retrouver côte à côte dans un salon, mais tu y rencontreras sûrement Olivier et il te donnera de mes nouvelles.

     

    a tout bientôt ; gudule

    3
    Mardi 25 Août 2015 à 12:01

    C'est vrai que certains mots gagnent en mystère en même temps qu'en lettres ^^

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