• grands moments de solitude 149 (tome 2)

                                                                               Johnny got his gun 

             Bien qu’assez réfractaires a la dureté de son thème — que nous connaissions par les critiques— , nous ne pouvions rater ce film remarquable. Aussi, lorsqu’il passa rue de la Huchette, dans ce vieux cinéma meublé de bancs de square posés à même le trottoir, nous y précipitâmes-nous, Alex et moi. Peu de monde en ce soir d’automne ; un public silencieux, attentif, vibrant… et soudain, la scène qui vous coupe le souffle ! Consciente des besoins physiques de son patient (un soldat dézingué par une bombe, n’ayant plus ni bras, ni jambes ni visage, bref, privé de tout mode de communication, y compris avec son propre corps), l’infirmière glisse une main compatissante en direction de son pubis.

             J’étais jeune, en ce temps-là, et encore si naïve que je n’en crus pas mes yeux. Aussi chuchoté-je à l’oreille de mon mari :

             — Euh… Je rêve ou elle le branle ?

             Malgré sa discrétion, ma question, émise à l’instant le plus poignant de l’intrigue, suscita dans la salle un immense éclat de rire.

     

             Une manière comme une autre de libérer sa charge émotionnelle, je suppose.

             Le pauvre Dalton Trumbo n’avait pas prévu ça… 

     

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 18:44

    On voit que Johnny reste malgré tout un membre actif de l'armée des Etats-Unis.

    2
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 19:02

    oh, Castor !Est-il bien raisonnable de plaisanter dans un moment pareil ? Et devant un film antimilitariste, en plus ?

    3
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 20:12

    Justement : s'il n'y avait que des membres actifs comme celui-là dans les armées du monde, tirer un coup ne s'appliquerait plus aux canons. Peace and love, quoi. On n'aurait même plus besoin d'être antimilitariste intello

    4
    Dimanche 23 Novembre 2014 à 21:31

    remarque, vu ce qu'il en restait, du pauvre gars, il ne pouvait plus faire de mal à grand monde, même avec un canon en bonne et due forme !

    5
    Samedi 6 Juin 2015 à 17:49

    Tiens, ça me rappelle le stage que je viens de finir ça, et mon dernier patient '_'

    Sauf que je n'ai pas été compatissante moi !!!

    (Mais ça pose une vraie question quand au soulagement et à l’hypocrisie qui tourne autour des prostituées, qui ont quand même un rôle presque curatif parfois, pour certains !)

    6
    Samedi 6 Juin 2015 à 18:12

    M'enfin, ma Pata ! Ne me dis pas que tu as... ?! Rhôôôôôôô^^^^^^

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