• grands moments de solitude 115 (tome 2)

     

                               Je suis comme une pluie qui goutte

    (toutes mes excuses à feu Claude Duneton pour le détournement de son  titre, mais je n'ai pas pu résister)

     

             Quand, vers douze ans, quelques poils frisottants firent leur apparition sur mon pubis, d’horribles soupçons m’assaillirent. Les autres filles de mon âge présentaient-elles les mêmes symptômes ? Ou étais-je la seule à être affectée de cette pilosité particulièrement mal placée ?

              L’époque étant à la pudeur extrême, nulle information ne vint éclairer ma lanterne. Avec ma mère, on ne parlait jamais de « ces choses-là, » (comprendre : « ce qui se situait sous la ceinture »), avec les copines non plus (nous avions dépassé l’âge du touche-pipi). Le dictionnaire familial n’y faisait aucune allusion, et ni Victor Hugo, ni Jules Verne, ni James Oliver Curwood (mes auteurs favoris) n’abordaient la question dans leurs livres.

               Puis sortit le film de Jacques Baratier, Dragées au poivre, et, comme toute ma classe l’avait adoré, je pris prétexte d’une révision chez une amie pour aller le voir en cachette. Alors là… alors là ! Paf, sans préambule, une scène de strip-tease, et un petit minou noir dans l’échancrure d’un porte-jarretelles ! On m’aurait montré le Bon dieu en personne, que je n’aurais pas été plus heureuse. Ainsi, j’étais donc normale ? Même les stars de cinéma avaient de la fourrure à cet endroit. En plus, elles l’exhibaient devant les caméras. Ce n’était donc pas honteux, mais plutôt excitant, à ce que je crus comprendre.

              C’est depuis ce temps-là que je suis cinéphile.

     

     

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  • Commentaires

    1
    Yunette
    Dimanche 20 Septembre 2015 à 10:21
    Cinéphile... poil au nombril !
    2
    Lundi 21 Septembre 2015 à 00:07

    Comment des parents peuvent laisser ainsi leurs enfants dans l'ignorance, on ne comprend pubien.

    3
    Lundi 21 Septembre 2015 à 11:12

    Joli Castor, un jeu de mot au poil :)

    4
    Mercredi 23 Septembre 2015 à 13:43

    Yunette, tu es ma poétesse favorite.

    5
    Mercredi 23 Septembre 2015 à 13:44

    Merci, ma Pata, j'aime quand tu viens profuser dans le coin !

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