• grands moments de solitude 107 (tome 2)

                                              L’insondable profondeur des ressources humaines

     

             Les Grands moments de solitude ont  pour point de départ une rubrique de Fred Neidhardt  intitulée Les boules de ma vie, parue brièvement dans la revue Psikopat. L’auteur y présentait, sous forme d’interviews imaginaires, des gaffes hilarantes  qui durent éveiller maints souvenirs de honte dans la mémoire de ses lecteurs. La mienne en faisait partie, saturée qu’elle était de toutes les bourdes, boulettes, bévues, et balourdises commises durant mes quatre décennies d’existence. J’entrepris donc de les raconter sous le titre générique de Moments atroces, et, quand s’arrêtèrent Les boules de ma vie, mes anecdotes perso prirent la relève. Elles suscitèrent une telle émulation que j’eus envie d’en faire un recueil. Si tout le monde s’y mettait, autant en profiter ! Nous avions là une source intarissable de témoignages, à la fois drôles, originaux et authentiques ; y avait qu’à se baisser pour les ramasser.

             Que je croyais. 

             Hélas,  je me trompais. Car une fois épuisé le répertoire classique (du genre :  le lecteur de journal qui fonce dans le réverbère ou le mari trompé qui rentre à l’improviste),  le flux s’arrêta de lui-même. Devant la pénurie de récits spontanés, je me tournai vers les professionnels. Mais, hélas, peu d’entre eux se montrèrent intéressés.  Les rares textes que je reçus ne suffisant pas à remplir un livre, force me fut d’y inclure mes propres souvenirs, ce qui en dénatura l’esprit communautaire.

             L’éditeur auquel, dès sa conception,  j’avais soumis le projet, ne s’y trompa guère.

             ­— Pourquoi ne renonces-tu pas au concept de collectif  ? me demanda-t-il. Ton bouquin, écris-le toute seule !

             — Et où veux-tu que j’aille chercher la matière ? Je n’ai pas trois cents pages de conneries à mon actif ! 

             — Bien sûr que si :  tu en as déjà raconté une bonne cinquantaine, et vu comme t’es partie, ça ne cessera pas de sitôt !

             Il avait raison, ça ne cessa pas. L’insondable profondeur des ressources humaines donne le vertige.

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 27 Septembre 2014 à 12:15

    Gudule, la seule écrivaine (et peut-être la seule humaine) qui nous fait les quatre cents gaffes.

    2
    Samedi 27 Septembre 2014 à 19:20

    je suis pas seule en cause, hé ! en plus 400gaffes, c'est pas tellement : il y a 365 jours par an, quand même !

    3
    Vendredi 6 Février 2015 à 17:49
    4
    Vendredi 6 Février 2015 à 21:52

    j'aime ton sourire Pata !

    5
    Vendredi 6 Février 2015 à 21:56

    @castor : dois-je en déduire que tu me considères comme humaine?

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