• GRANDS MOMENTS DE SOLITUDE 104

    Histoire ridicule

       Pour continuer dans le même registre, en 1973, j’avais écrit un p’tit poème intitulé « Histoire ridicule », dont toutes les rimes étaient en « ule ». Il commençait ainsi :

     

                      C’est un chat noctambule

                      À bord d’un véhicule

                      Qui dans un vestibule

                      Chaque nuit déambule.

     

             Pour la rime, je l’avais signé « Gudule » (du nom de la chatte chieuse, vous vous souvenez ?) et, adapté en BD par Alex, il était paru dans l’Echo des Savanes. Or, non contente d’être à l’origine de mon pseudo, cette BD avait retenu l’attention d’un jeune chanteur, Antoine Lavergne, qui se cherchait un répertoire. Il nous téléphone donc, nous explique de quoi il retourne, et on prend rendez-vous. Comme il est assez pressé, il a déjà conçu une prémaquette musicale qu’il nous fait écouter. C’est pas mal du tout, et chez Pathé, ils sont partants.

             Wahou.

             On profite de l’opportunité pour essayer de placer nos autres chansons. Antoine, intéressé, nous promet d’en parler en haut lieu, et une semaine plus tard, nous nous retrouvons dans le bureau d’un ponte de la maison de disque. Alex a emmené sa guitare, moi mon cahier de poèmes, et, très intimidés, nous nous « produisons » devant une demi-douzaine de professionnels, assis en demi-cercle autour de nous.

             Or, je crois l’avoir déjà dit, ces chansons sont sentimentales et désuètes — un peu style Anne Sylvestre à ses débuts, voyez ? Rien de commun avec l’humour déjanté d’« Histoire ridicule ». Résutat : un bide catastrophique. En fait, c’est nous qui nous couvrons de ridicule...

             Après moult échanges de regards consternés, nos auditeurs s’éclipsent les uns après les autres, nous laissant seuls avec Antoine.

             — Vous n’avez rien de moins boy-scout ? s’informe celui-ci, quand s’achève vaille que vaille le laborieux récital.

             Ce fut la dernière fois que nous les interprétâmes, ces malheureuses chansons — dont j’avais espéré, dans ma grande naïveté, qu’elles séduiraient Brassens.  

     

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  • Commentaires

    1
    Samedi 31 Mars 2012 à 14:32
    Castor tillon
    Le poème mis en bulles
    Dans le p'tit opuscule,
    Notre bonne Gudule
    s'est rendue ridicule.

    Pardon, Anne, j'ai pas pu résister.
    2
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:48
    gudule
    Je sais, c'est irrésistible. Nous sommes tous victimes du syndrome du mirliton, moi la première.
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