• grand moment de solitude 173 (tome2)

                                                                    Le sale air de la peur

     

             Dans la littérature et le cinéma fantastiques, les chiens sont doués de perceptions extra-sensorielles. Si un esprit maléfique rôde dans les parages, ils le détectent immédiatement et, par leur attitude, nous révèlent sa présence. Nulle menace invisible n’échappe à la sagacité de ces gardiens fidèles, capables de déjouer, grâce au pouvoir de leur flair, les pièges surnaturels.

             Cette nuit-là, en l’absence de Sylvain, j’étais seule avec Zoé quand son comportement éveilla ma méfiance. Elle semblait terrifiée, rampait et gémissait, la truffe en éveil, les oreilles dressées et l’œil aux aguets. J’avais beau tenter de la rassurer, rien à faire. Quelque chose dans ma maison l’inquiétait à outrance, et cette inquiétude était si flagrante, si communicative que je finis par flipper, moi aussi. Surtout lorsque, fuyant le salon chaud et confortable, ma chienne dévala l’escalier obscur (dont elle redoutait la hauteur des marches, inadaptées à ses petites pattes), pour aller se réfugier dans le placard à balais.

             Je la ramenai dans ma chambre où je nous enfermai, hors d’atteinte des forces de l’au-delà.

             Lorsque Sylvain rentra, le lendemain matin, il nous trouva blotties l’une contre l’autre, n’ayant pas fermé l’œil et tremblant de tous nos membres. D’un regard, il fit le tour de la situation, puis ouvrit les rideaux :

             — Calmos, les filles, je tiens la coupable !

             Entre les plis du tissu stagnait une grosse mouche bleue.

             Il ouvrit la fenêtre et, d’une pichenette, mit l’insecte dehors.

             Je sentis ma Zoé s’apaiser aussitôt. Oh nom de nom ! Obsédée par mon trip d’épouvante à la con, j’avais oublié qu’elle craignait les mouches.

     

    « GRAND MOMENT DE SOLITUDE 172 (TOME2)grand moment de solitude 168 (tome 2) »

  • Commentaires

    1
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 09:42

    Les frayeurs irrationnelles, comme ça, c'est terrible hein !

    2
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 10:43

    Voui, yunette

    3
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 10:56

    Nan mais te sens pas trop seule dans cette solitude... ça m'est arrivé aussi, ce genre de choses...
    Tu sais, ce moment où tu gardes une maison, grande, à la campagne, que tout le monde est couché sauf toi et que donc... tu dois éteindre les lumières avant d'aller dans ton lit... que même, t'as laissé ta chambre allumée à l'avance... et que le noir est derrière toi, parce que t'éteins... qu'il y a des bruits (les chats, des souris ? des...) que tu sais pas si t'as bien fermé la porte de derrière mais qu'il faudrait retourner dans le noir pour vérifier... Et que bon, tant pis, tu laisses. Donc résultat, t'es dans ton lit, sous ta couette... tu sors ton bouquin pour te changer les idées et là tu t'aperçois que t'as rien choisi de mieux que de lire "Justine", de Sade...

    4
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 11:14

    YUNETTE, IL Y A UNE BELLE HISTOIRE DE CE GENRE DANS " POIL DE CAROTTE" (L'UN DES PLUS BEAUX LIVRES DE LA LANGUE FRANÇAISE, SELON MOI) ÇA S'APPELLE " LE POULAILLER" SI MA PAUVRE VIEILLE MÉMOIRE FONCTIONNE TOUJOURS. LA PLUME DE JULES RENARD EST ÉBLOUISSANTE !

     

    5
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 11:17

    EUH... MADAME LEPIC MÉRITERAIT LE SURNOM DE "DIVINE MARQUISE" (SURTOUT LE SOIR À L'EXTINCTION DES FEUX)

     

    6
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 11:18

    Je l'ai lu je ne sais combien de fois, ce livre ! Pas relu depuis que je suis adulte, mais avec Dadou, Le Petit Chose et Ségur... c'étaient mes lectures favorites. Il y avait aussi L'Enfant, de Vallès et Le Pain Noir de chépluki.

     

    7
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 13:54

    who les filles, désolée pour cette interruption, mais je reprends ma réponse un peu plus loin : si vous  la trouvez, bravo!

    8
    Marie-Do.
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 19:05

    Hé!, quand on parle de frayeur, je retrouve un moment raconté par notre petite Gudule dans "Rose" ....N°70

    Terreur nocturne:

    On a tellement peur qu'on courre avec elle se réfugier dans le lit des enfants!!!

    Là, au moins on n'a plus peur ,ils nous rassurent....

    Bisous cry

    9
    Catherine
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 19:26

    Yep! Il m'est arrivé la même chose avec ma petite minette, mais dans une chambre de bonne de 12 m² !!

     

    10
    Vendredi 23 Janvier 2015 à 19:36

    MARIE-DO, EST-CE LA CHAMBRE OÙ ON AVAIT DORMI SYLVAIN ET MOI?

     

    11
    Samedi 24 Janvier 2015 à 13:46

    TU TE SOUVIENS, AU DÉBUT DES ANNÉES QUATRE-VINGTS, QUAND ON AVAIT MANGÉ AVEC LELONG ?

     

    12
    Marie-Do
    Samedi 24 Janvier 2015 à 20:16

    Ouiiiiiiiiiii ! On se souvient de tout ça, et de l'église de Véretz, qui t'avais quelque peu "excitée", et de la maison de Eugène Bizeau, et du château de Azay-le-Rideau où on avait rencontré le chanteur Gérard Pierron et des noisettes fraîches que même que tu trouvais que ça avait goût de sperme....


    Ah, mes aïeux quel joli souvenir !


    Marie-Do et Pierre-Yves

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :