• FOLLE D'AMOUR

    Chapitre 30

      Résumé des chapitres précédents : Pas très sympa, la compagne de l’ange. Une impératrice de la nuit, certes, mais côté humain, pardon !

     

             — Houlà, la terre tourne, titube Nora.

             Sylvain se précipite pour la prendre sous son aile.

             — Ça ira ?

             — Arrête de jouer les chiens d'aveugle, aboie Lulu.

             La rue. Taxi ! Nora s'installe.

             — Vous ne montez pas ?

             — Non, on crèche à deux pas.

             La portière claque.

             — Rue du Chevaleret, dans le XIIIème.

             Le couple s'éloigne en direction de la Seine. La créature, vannée, claudique (« presque autant que moi », rigole intérieurement Nora), soutenue sous l'aisselle par son prince consort.

              Lui, au moins, il assure. Pas comme toi, pauvre cloche. Toi, tu désertes, tu décanille. Charlie prend son essort, et pas le moindre petit coup de pouce.

             « Un jour viendra où, juré-craché, je le hisserai vers les plus hautes cîmes ! » se glavanise Nora, sans situer précisément, les cîmes en question — mais est-ce bien nécessaire, surtout à cette heure?     

            «  Faut pas que je m'endorme », se dit-elle encore. Et sa tête retombe.

             Boulevard Vincent -Auriol :

             — Quel numéro ? demande le chauffeur.

             Nora s'ébroue. À côté d'elle, Lulu tentait en vain de déployer ses ailes de chauve-souris, puis y renonçait, par manque de place. « On aurait dû venir en bus », se morfondait l'ange.

             — Au 103. À la hauteur du pont de Tolbiac.

             Sur la façade, une fenêtre éclairée, une seule. Au cinquième. Charlie doit se faire un sang d'encre.

             «  Tant mieux, se réjouit Nora. Si je n'avais pas aussi sommeil, j'aurais passé la nuit dehors. »

             La fenêtre éclairée s'ouvre, une silhouette se penche. Charlie a entendu le bruit du moteur.

             — Nora ! crie-t-il, tandis qu'elle s'extirpe du véhicule.

             Alors, comme une petite fille en faute, elle fond en larmes sur le trottoir tandis que le taxi redémarre.

                                                                                                                     (A suivre)

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  • Commentaires

    1
    Samedi 9 Mars 2013 à 09:18
    Tororo
    Ah! Ces demi-rêves mal finis du petit matin.
    2
    Samedi 9 Mars 2013 à 18:26
    Tororo
    C'est gentil ça; Bisou du soir!
    3
    Dimanche 10 Mars 2013 à 05:28
    Castor tillon
    J'espère seulement que Charlie n'était pas au lit avec Boris.
    4
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    On sent tout de suite le spécialiste !
    5
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Bisou, Tororo, et bons rêves entiers !
    6
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Nan mais tout de suite, hein ! Moi, je te raconte une belle histoire, et toi, tu la gaudriolises. Franchement...
    7
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    Pata															l
    Hé, hé, Charlie a sa drôle de dame -qui se fait tout un ciné- à consoler et rassurer... Et oui, au sortir de la nuit, les larmes ont tendance à suivre la même voie, et à s'échapper plus facilement !
    8
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Surtout quand on est shlass, hein !
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