• FOLLE D'AMOUR

    Chapitre 49

    Résumé des chapitres précédents : Charlie, qui culpabilise de laisser Nora, plaque tout pour rentrer au bercail. Bel exemple de conscience conjugale, je trouve. Un peu trop, peut-être ? Mais bon, elle a un équilibre si précaire...

     

             Voilà.

             Une fois le téléphone planqué dans le poulailler — là où seules les poules peuvent l’entendre —, la machine à bonheur s'est remise en route.

             — Ce qu'ils sont mignons, ces deux-là ! constate Marie-Jeanne, suivant des yeux le petit couple qui vaque, jour après jour, à ses occupations, elle trottinant, clip-clop, lui, dégingandé, tous deux unis par une complicité sans faille.

             Ce faisant vient l'automne. Comme chaque année, la maison mue. Lourdes tentures, tapis et boudins de porte sortent des malles ; on colmate, on isole, on emmitoufle. Le syndrome du cocon touche meubles, bêtes et gens, et jusqu'aux murs qui se couvrent de bouts de tissu douillets. Une vague odeur de moisi se mélange à celles, souveraine, du feu de cheminée et de la soupe qui mijote. Le chant des vents-coulis et le crépitement de la braise forment un bruit de fond que couvre, par instant, le cri rauques des escadrons de corneilles fendant la nue.

             Nora a repris son tricot et ronronne, en duo avec le chat. Charlie concocte de nouveaux gags. Le poney s'empiffre de petites pommes sauvages, véreuses pour la plupart mais succulentes — d'ailleurs, il a grossi. Les couchers de soleil, zébrés par la silhouette des arbres morts, sont toujours aussi beaux quoique nettement moins tardifs.

              Les promenades en forêt, maintenant, ont un but : la récolte.

             — T'as vu ? Y a plein de faines ! se réjouit Nora. 

             Et de se remplir les poches de semences minuscules, qui sentent bon la terre.

             — Tu ne vas pas perdre ton temps à décortiquer ces petites merdes ? s'indigne Charlie.

             — Et comment que je vais !

             Elle est déjà en train.

             — Ramasse plutôt des châtaignes, on les fera cuire sous la cendre !

                                                                                                                                                (A suivre)

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 28 Mars 2013 à 09:01
    Benoît Barvin
    Jolie comme tout, cette évocation... Mais on pressent que...
    2
    Jeudi 28 Mars 2013 à 23:05
    Castor tillon
    Les vents-coulis, c'est joli, ça. Ça ressemble à un gros mot italien. Je ne connaissais que le coulis de tomate, pauvre ignare.
    3
    Jeudi 28 Mars 2013 à 23:11
    Castor tillon
    Voui, mais il ne faut pas dire"va fancoule", c'est très vilain. Ce Castor est un malotrou.
    4
    Jeudi 28 Mars 2013 à 23:22
    Castor tillon
    J'ai honte, chère Gudule. Je me damne pour un jeu de mots foireux. Le jeu de mots foireux est le propre du malotrou.
    5
    Jeudi 28 Mars 2013 à 23:50
    Castor tillon
    C'est vrai qu'on est encore le soir. Dans quelques minutes sera un nouveau grand jour, ne perdons pas espoir.
    6
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    ben oui, c'est le but. L'automne, c'est toujours menaçant...
    7
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Hi hi, tiens, j'ai bien envie d'adopter ça, comme insulte. Espèce de vent-coulis " ou "Monsieur, vous n'êtes qu'un vent-coulis". Ça a quand même plus de gueule que "malotru" (quoique...)
    8
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Tu fais des jeux même avec les gros mots ? T'es pas possible, toi !
    9
    gudule
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    gudule
    Amis de la poésie, bonsoir !
    10
    Pata l
    Vendredi 29 Août 2014 à 13:36
    Pata															l
    Faines de ménage au fond des bois... Oui, c'est bien vrai qu'on pressent que !
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