• Je serai aux Imaginales d'Épinal du vendredi 28 au dimanche 30 mai. 

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                                     LE BAL DES VAMPS PIRES

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             — Je termine mon café et je file au commissariat, dit mémé Georgette.

             — Pour quoi faire, mémé ?

             — Porter plainte contre Polanski.

             — Hein !?

             — C’est super-tendance, en ce moment, t’es pas au courant ? Toutes les nanas sur le retour se souviennent brusquement qu’à treize ou quatorze ans, il les a prises par tous les trous. Du coup, on parle d’elles sur le Net, leurs photos paraissent à la une des journaux ; y pas de meilleur filon pour se faire de la pub !

             — Mais... c’est dégueulasse ! 

             — Ça, on s’en branle. L’important, c’est de surfer sur la vague et d’alimenter la rumeur publique. Les juges étazuniens versent tous les témoignages, en vrac, au dossier de son extradition ; plus il y en a, plus ils sont contents. J’ai même entendu dire qu’ils filaient des bakchichs... Je serais bien bête de pas en profiter !

             — Attends, attends, tu déconnes, là ?

             — Evidemment que je déconne ! Tu me vois faire un truc pareil, sans blague ? Chuis pas Charlotte Lewis ! Je tire pas sur les ambulances !

             — Remarque, si ça se trouve, elle dit la vérité, cette bonne femme. Paraît qu’il n’y a pas de fumée sans feu...

             —  Arrête, son histoire ne tient pas debout ! Une actrice ratée qui accuse Polanski de l’avoir, je cite « abusée sexuellement de la pire façon » en 1983, alors qu’en 1999, elle déclarait, dans la revue News of the world, qu’elle l’avait séduit sur le tournage de Pirates, trois ans plus tard. Elle précisait même, en toutes lettres : « Je voulais devenir sa maîtresse ». D’ailleurs, elle est y arrivée : ils sont restés six mois ensemble, jusqu’à ce qu’elle le quitte pour Warren Beatty...

             — Donc, Polanski se l’est bien tapée !

             — Oui, mais pas de force, et pas à seize ans comme elle le prétend.

             — Peut-être qu’elle a menti, dans cette interview, juste pour faire son intéressante...

             — Et aujourd’hui, elle remet les pendules à l’heure par amour de la Justice, c’est ça ? Un amour désintéressé, il va de soi ! Non, ma cocotte, la réalité est bien plus sordide : Charlotte Lewis n’a eu qu’un seul beau rôle dans sa vie, celui que lui a donné Polanski dans Pirates. Pour le reste, quelques téléfilms par-ci par-là, des photos à poil dans des revues de charme, un peu de prostitution en Tunisie... Ce n’était pas la carrière dont rêvait la starlette qui rayonne au bras de Polanski, au festival de Canne 1986 ! Ce qu’elle voulait, elle, c’était devenir son égérie, qu’il la hisse vers le succès, comme Woody Allen l’a fait avec Mia Farrow, ou Bertrand Blier avec Anouk Grimberg. Malheureusement pour elle, une fois leur liaison terminée, elle a sombré dans l’oubli. Dur-dur, après avoir frôlé la gloire ! On imagine sans peine son amertume et ses regrets. D’ailleurs, il suffit de regarder sa photo : j’ai rarement vu un visage aussi aigri...

             — Pourquoi il l’a jetée ?

             — C’est elle qui l’a quitté, suite à une engueulade. D’après les journaux de l’époque, il lui aurait reproché d’avoir grossi.

             — Tu crois que c’est pour ça qu’elle essaie de l’enfoncer, aujourdhui ?

             — À mon avis, ce serait  plutôt pour revenir sur le devant de la scène, ou dans l’espoir de toucher un peu de fric... A moins qu’elle ne soit, tout simplement, téléguidée par son avocate, Gloria Allred, grande spécialiste des scandales peoples.

             — Mouais, ça pue la merde, c’t’affaire... Tiens, au fait, t’as remarqué ?

             — Quoi ?

             — Tu parles encore de Polanski. C’est au moins le cinquième articles que tu lui consacres. Tu serais pas atteinte du syndrome BHL, par hasard ? 

             — Oh, ça, c’est bas !

             — Ben quoi ? Moi aussi, je suis super-tendance. Les accusations crapoteuses sont dans l’air du temps, non ? 


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  • Merci pour la grande intelligence et la profonde humanité de cet article, publié aujourd'hui dans "Le Monde" :

    Je n'ai jamais rencontré Roman Polanski, je ne le connais que par son oeuvre que j'aimais depuis ses premiers films et par ce ce que j'ai pu savoir de sa vie qui me paraissait toujours exemplairement européenne vu son expérience précoce de l'antisémitisme, ses émigrations, sa classique et belle affinité polono-française.

     

    Pourtant, sans le connaître personnellement, je ne pense, dans les huit derniers mois, à personne d'autre plus qu'à lui. Je l'imagine enfermé et surveillé dans un chalet en Suisse où il essaye de travailler et je sais bien qu'il ne peut pas. L'homme accusé est toujours en prison. L'accusation occupe entièrement sa tête, l'empêche de penser à quoi que se soit d'autre, le prive de vie.

     

    Je ne dirai pas un seul mot sur l'aspect juridique de tout cela. Je veux dire par contre que c'est l'art européen, sa littérature, son théâtre qui nous ont appris à déchirer le rideau des règles juridiques, religieuses, idéologiques, et à voir l'existence humaine dans toute sa réalité concrète.

     

    Fidèle à cette culture, je refuse d'être aveugle face à l'absurdité de la situation de Polanski, persécuté pour un acte qui a eu lieu il y a trente-trois ans, qui est depuis longtemps pardonné par tous les acteurs du drame et dont le procès prolongé à l'infini n'apportera rien de bien à personne, à personne, à personne.

     

    Si l'Europe est encore Europe, si elle est encore héritière de sa propre culture, elle ne pourra pas supporter en silence l'absurdité de cette cruelle pantomime qui se joue dans un chalet suisse.

     

    MILAN KUNDÉRA


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               ALLEZ, LES VERTS, ALLEZ, LES VERTS, ALLEZ !

     

             — Qui a dit qu’on avait la droite la plus stupide du monde ? glousse mémé Georgette.

             — Ben... toi, mémé.

             — Eh bien, je confirme. Avec son dernier foutage de gueule, l’UMP vient définitivement de se saborder.

             — Quel foutage de gueule ?

             — Grenelle 2, le recul.

             — On dirait le titre d’un film d’action américain !

             — Malheureusement, c’est celui d’une comédie dramatique bien française, que résume parfaitement cette réflexion de notre cher président, au dernier salon de l’agriculture : « L’environnement, ça commence à bien faire ! »

             — Il n’a pas toujours tenu ce discours.

             — Tu m’étonnes ! « Nous ne voulons pas d’une agriculture qui épuise nos sols et utilise de façon croissante des produits chimiques dangereux », affirmait-il en 2007. Son objectif d’alors : que d’ici 2018, on ait divisé l’utilisation de pesticides par deux. Mais bon, ça signifiait se mettre les géants de l’industrie agro-alimentaires à dos, et ça !

             — Il est donc revenu sur sa parole.

             — Une fois de plus, oui. Et avec l’aval de pseudo-scientifiques pourris jusqu’au trognon. Un rapport d’information sur la question, signé Claude Gatinol et Jean-Claude Estienne, a été remis à l’Assemblée nationale une semaine avant Grenelle 2. Il privilégie l’utilisation de « produits phyto-pharmaceutiques » au détriment de la culture bio, prône les OGM, et nie la disparition des abeilles ainsi que l’effet cancérigène des pesticides et des engrais chimiques. Bref, il détricote tous les efforts de préservation de l’écosystème de ces dix dernières années.

             — Non ?!

             — Et ce n’est pas tout : en ce qui concerne les éoliennes, les décisions de Grenelle 2 décapitent 70% des projets en cours. Faudrait voir à pas ruer dans les brancards du nucléaire, n’est-ce pas ! Sans compter l’abandon de la taxe carbone...

             — Ce que je ne comprends pas, c’est pourquoi tu parlais de « stupidité », tout à l’heure. C’est pas stupide, tout ça, c’est carrément criminel ! 

             — Exact ! Mais ce « crime » déguisé est tellement flagrant que personne n’est dupe. Or, la population, sa santé, elle y tient. On peut lui jeter de la poudre aux yeux dans des tas de domaines, mais pas dans celui-là. Et tu sais quel va être le résultat des courses ? Une avancée fulgurante des Verts aux prochaines élections.

             — Tu nous la joues prophétesse, toi, maintenant ?

             — C’est d’une logique imparable, tu verras. Dans deux ans, la vague verte va balayer la droite pollueuse, corrompue et manipulatrice. On parie ?

             — Oh non , mémé :  j’ai bien trop envie que tu aies raison ! 


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                              NON MAIS, DE QUOI J’ME MÊLE ?

     

             — Ah, tout de même ! s’écrie mémé Georgette, le nez dans son journal.

             — Tout de même quoi, mémé ?

             — Pour une fois, la Justice française ne se couvre pas de ridicule. C’était mal barré, pourtant ! Nous refaire le sketche de Mourir d’aimer, puissance 10... Fallait oser !

             — De quoi tu parles ?

             — Des deux amoureux de Brest, un gamin de seize ans au physique de lutteur de foire, et une handicapée de trente-six ans.

             — Oups ! Vingt ans de différence d’âge et un fauteuil roulant... Pas simple, comme relation !

             — C’est ce que s’est dit une conne d’assistante sociale qui — bien que le garçon ait la bénédiction de sa propre mère — n’a rien de trouvé de mieux que d’aller porter plainte.

             — Non mais, de quoi j’me mêle ?  Les flics l’ont envoyée chier, j’espère !

             — Du tout ! Roméo et Juliette (appelons-les ainsi) se sont retrouvés, en février dernier, devant le tribunal correctionnel de Brest, qui a condamné Juliette à deux mois de taule avec sursis pour, je cite, « soustraction d’enfant ». Ça paraît d’autant plus débile qu’elle est née sans bras et avec une seule jambe atrophiée !

             — Un vrai physique de kidnappeuse ! Et Roméo, il l’ont condamné à quoi ?

             — Placement dans une famille d’accueil.

             — Ben voyons...

             — Mais bon, il leur a fait un bras d’honneur et a continué à voir sa chérie comme si de rien n’était.

             — En voilà un qui n’a pas froid aux yeux !

             — Devant son obstination, la juge des affaires familiales de Quimper, qui a récupéré la patate chaude, a décidé de lever la sentence.

             — C’est une happy end, alors ?

             — En gros, oui. Avec deux trois bémols : le gamin a été confié à son père, qui désapprouve sa liaison.

             — Aïe !

             — Mais comme il n’a plus aucun contact avec lui depuis des années, vu que ses parents étaient séparés pour « violences conjugales », ça ne semble pas poser de problème. Juliettte, en revanche, est toujours sous la menace de son sursis.

             — Elle risque des ennuis ?

             — J’espère que non, mais on ne peut jamais savoir : il y a tellement de branques dans les prétoires... Enfin, en attendant, le couple vit son lumineux amour dans le Loir-et-Cher, où ils se sont installés ensemble et où Roméo poursuit ses études.

             — Ils se marieront et auront beaucoup d’enfants, tu crois ?

             — Va savoir... Mais ça, ce n’est plus notre affaire ! 


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