• 06crime city COUV def


    Avis aux amateurs de fantastique et de science fiction !
    Courant avril sortiront deux nouveaux romans pour les adolescents :
    - Le tome 2 de Valentin Letendre : "Frisson, Amour et Maléfice", aux éditions Succès du livre
    - "Crime city", aux éditions Mijade.



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  • Une réjouissante petite nouvelle, lue ce matin dans le journal :

     

    Djibril, meilleur boulanger de Paris

     

    D'origine sénégalaise, Djibril Bodian a remporté lundi le 15e prix de  

    la meilleure baguette de Paris décerné par la chambre professionnelle  

    des artisans boulangers. Boulanger du "Grenier à pain", rue des  

    Abbesses à Montmartre, Djibril va devoir retrousser ses manches car,  

    avec le prix, il a gagné un nouveau client: l'Elysée ! Les livraisons  

    au Palais, quotidiennes, devraient commencer très prochainement. 

    J'ESPÈRE QU'ERIC BESSON S'ÉTOUFFERA AVEC ! 

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  • Interview de Gudule

    par Serge Perraud

    L’auteur partageait son œuvre entre une littérature « adulte » qu’elle signait Anne Duguël et une littérature « Jeunesse » qu’elle paraphait Gudule.
Depuis quelques années, la fusion s’est opérée. Gudule à triomphé et reste seule sur les couvertures des livres car son fantastique plonge principalement ses racines dans l’enfance. Elle promène son lecteur sur les chemins de la terreur propres aux contes de fées et de l’horreur générée par les psychoses des adultes. C’est ainsi que ses histoires se basent sur les faits de société, prenant en compte les pires déviances.

    Cependant, cette Gudule ne vous vend pas des bijoux au poids, mais des joyaux finement ciselés à la peur, des pierres précieuses polies à l’angoisse. Elle sait dresser, en quelques images choc, une ambiance fantastique teintée d’horreur.

    Gudule, c’est la princesse qui étripe la sorcière, c’est la Grand-mère qui mange le loup.

    La publication, par Les Éditions Bragelonne, d’un premier omnibus regroupant huit de ses romans d’horreur et de fantastique écrits entre 1995 et 1998, (dont un inédit) est l’occasion de découvrir ou redécouvrir un auteur à l’œuvre atypique et captivante.

     

     

    Le premier volume du Club des petites filles mortes met en lumière un fait qui échappe en lisant vos romans au fil des années : c’est le nombre de petites filles qui meurent sous votre plume. Pourquoi vous acharnez-vous ainsi sur ces frêles créatures ?

    La même question m’a été posée par Stéphane Marsan, directeur des éditions Bragelonne, quand je lui ai proposé ce projet. Je lui ai répondu « C’est de ma propre enfance que je me débarrasse ». Il s’agit, bien sûr, d’une pirouette ! Quoique… Mais pour parler plus sérieusement, je crois que ce n’est pas un hasard si les enfants – et en particulier les fillettes, symboles de pureté et d’innocence — ont une place de choix dans la littérature et le cinéma fantastiques. Tout comme l’amour, l’horreur naît des contrastes !

    Avez-vous le sentiment que, dans notre société, beaucoup de petites filles meurent (physiquement et sentimentalement) dans des conditions dramatiques ?

    Oups ! D’une boutade, voilà qu’on tombe dans la plus sordide des réalités. Oui, j’ai ce sentiment, et je pense que la chose a toujours existé. Dans toutes les religions, ce sont les vierges qu’on sacrifie. Et le droit de cuissage, la lapidation, le crime d’honneur, l’immolation des petites Indiennes par le feu, l’excision, le viol, Dutrou, le port de la Burka, etc (la liste n’est, hélas, pas exhaustive !) sont encore d’actualité aujourd’hui.

    Mais n’est-ce pas toujours la même petite fille que vous tuez ?

    Sûrement, même si cette petite fille, à la réflexion, est bien différente de celle que j’étais jadis. Mais c’est peut-être celle que j’aurais voulu être ? Allez savoir…

    Par contre, celles qui survivent ont une capacité de cruauté peu commune. Est-ce nécessaire pour survivre ?

    On tombe carrément dans le questionnement philosophique, là ! J’avoue ne pas avoir réfléchi aux tenants et aux aboutissants de la chose. Nous avons tous une part de cruauté en nous, non ? Certains la jugulent, ce qui fait d’eux des agneaux (et donc les proies rêvées des sadiques de toute sorte), d’autre y donnent libre cours : ce sont les bourreaux des précédents. Mais pour la plupart d’entre nous, l’émergence de notre « face noire » est une question d’opportunité. Des événements comme ceux que je développe dans mes livres sont aptes à faire ressurgir les démons enfouis.

    Ne partez-vous pas, pour vos intrigues, de situations banales, quotidiennes que vous faites déraper ? Qu’est-ce qui déclenche pour vous l’idée d’un roman de terreur ou de fantastique ?

    Ça, mystère ! Je me pose souvent la question à moi-même : « Où foutre bleu vas-tu chercher tout ça ? » Et je suis incapable d’y répondre… Je dois avoir développé, à la longue, une perception particulière de la réalité qui s’exprime avec virulence quand je suis devant mon clavier. Mais bon, un psychanalyste vous en dirait sans doute bien plus que moi sur le sujet !

    Vous servez-vous également des craintes communes aux parents et surtout aux mères de famille ?

    De mes propres craintes, voulez-vous dire ? Bien entendu ! J’ai été une mère angoissée, toujours sur le qui-vive. Je suis aujourd’hui une grand-mère inquiète. Il est évident que les fantasmes engendrés par l’amour que je porte à mes enfants et à mes petites-filles nourrissent mes romans ! D’ailleurs, dans certains d’entre eux, je me mets carrément en scène. Je pense à « Poison », par exemple, l’un des deux textes inédits de mon prochain omnibus  « Les filles mortes se ramassent au scalpel », où je sers de modèle au personnage de Maud. À l’époque où j’ai écrit ce livre, ma fille avait quinze ans. Or, la fille de Maud disparaît, et elle craint le pire. Durant plusieurs chapitres, ses affres sont ainsi décrites « de l’intérieur ». Ce sont très exactement celles que j’aurais éprouvées dans une situation semblable !

    Mais ces peurs ne viennent-elles pas, aussi, de votre enfance ?

    C’est un mélange subtil des deux : mes peurs d’enfant et mes peurs d’adulte. Le temps ne change pas la sensibilité des êtres. On reste, à travers tous les âges de sa vie, la même petite fille qui tremble dans le noir. Simplement, en vieillissant, la peur cesse d’être instinctive pour devenir consciente et étayée par l’expérience. Elle n’en est que pire, à mon avis !

    Ne créez-vous pas la peur et l’angoisse avec les dysfonctionnements psychiques de l’être humain. Ne sommes-nous pas tous potentiellement des monstres ?

    J’en suis convaincue. Tout est affaire de circonstances, comme je le disais plus haut. La personne la plus adorable, dans un certain contexte, peut se révéler ignoble. Ça c’est vu, durant les guerres, dans les camps de concentration, tout ça…

    Raconter une histoire de terreur, n’est-ce pas une façon de s’en libérer ?

    Il est évident qu’on se débarrasse de nos peurs en les développant dans un récit ! Sinon, ça servirait à quoi d’écrire ?

    Vos romans ne contribuent-ils pas à dénoncer les graves dangers qui menacent les enfants ? Petite chanson dans la pénombre n’a-elle pas été écrite à une période où la population commençait seulement à prendre conscience que la pédophilie n’était pas qu’un simple mot inerte dans un dictionnaire, mais une réalité trop répandue ?

    La pédophilie a toujours été présente dans mes livres, au même titre que l’inceste, l’abus de pouvoir, la maltraitance, les violences faites aux plus faibles : enfants, handicapés, vieillards, animaux. En cela, vous avez raison de dire que je projette mes propres angoisses dans mes récits. Mes révoltes également. Je suis, depuis ma plus tendre enfance, hantée jusqu’à l’indicible par la notion de victime. Les souffrances, qu’elles soient physiques ou morales, infligées par ceux qui détiennent le pouvoir — parents, professeurs, policiers, hommes politiques, etc. — aux êtres qu’ils dominent, me révulsent au-delà de tout. De l’enfant qui écrase sciemment une fourmi aux génocides perpétrés par des dictateurs, cet aspect de l’humain m’horrifie. Mes livres, quels que soient leur genre ou le public auquel ils sont destinés, n’ont cessé de le dénoncer.

    La journaliste que vous avez été ne transparaît-elle pas derrière la romancière par l’actualité des sujets traités comme la pédophilie, Alzheimer, le jeunisme…

    Le journalisme a été pour moi une très bonne école. Je lui dois ma capacité à cerner un thème, à le développer sous toutes ses formes, à en appréhender les diverses implications. Mais les sujets que vous énumérez, même s’ils bénéficient d’un coup de projecteur médiatique souvent aussi opportuniste qu’éphémère, sont éternels. La pédophilie, j’y ai été confrontée très jeune — comme bon nombre de fillettes de ma génération. Alzheimer également, qui a frappé très tôt un membre de ma famille. Quant au jeunisme, nous en subissons tous les effets dégradants, comme nous subissons ceux de la publicité, des modes, de la surconsommation, des faux besoins et de leur corollaire : les vraies arnaques. Pour dénoncer toutes ces manipulations, pas besoin d’avoir été journaliste : il suffit d’un peu de lucidité… et de beaucoup de colère !

    On retrouve dans nombre de vos histoires des références à des contes, des comptines. Ces histoires pleines de meurtres et de sang sont-elles faites pour des enfants ?

    Elles l’ont toujours été. C’est notre époque, puritaine, sécuritaire et aseptisée à outrance, qui s’efforce de n’offrir aux enfants qu’une littérature mièvre, sans commune mesure avec la réalité. Cette censure est d’autant plus paradoxale que les informations dont on nous abreuve (et eux aussi) sont, elles, d’un réalisme souvent insoutenable. De tout temps et sous toutes les latitudes, les contes ont eu un rôle didactique : éduquer les populations, les mettre en garde contre les dangers, leur retirer l’illusion puérile que l’univers n’était peuplé que de braves gens. À travers des métaphores souvent excessives, on aiguisait très tôt leur prudence et leur sens critique. C’était une question de survie. Aujourd’hui, la télé s’en charge.

    Vous revenez souvent, dans vos romans, sur la difficulté d’être parent ou sur les relations difficiles entre homme et femme, les deux n’attendant pas la même chose d’une rencontre. L’incommunicabilité entre les êtres est-il un des sujets qui vous tient à cœur ?

    Ça nous tient tous à cœur, d’une manière ou d’une autre, non ? C’est la trame de la plupart des tragédies — et des comédies — humaines !

    La mère de vos petites filles est très souvent absente ou aussi fragile que leur enfant. Par contre, l’image de la grand-mère apparaît comme un refuge, un havre de sûreté, de sécurité et occupe une place essentielle. La mère est-elle un « chaînon » dont on peut se passer dans la vie d’une petite fille ?

    Absolument pas ! Mais mes livres ne cherchent pas à émettre de théories sociales. Ce sont avant tout des histoires, et les critères que je mets en place sont là pour servir l’intrigue et créer un maximum de suspense, point. Si j’y fais de plus en plus souvent intervenir des grands-mères, c’est que j’en suis une, tout simplement ! Et que je me projette !

    La fiction peut-elle rattraper la réalité ? Comment imaginer les horreurs que l’on découvre, des cas de séquestration dans des conditions plus que carcérales, sur des décennies ?

    Les récents événements de cet ordre survenus en Autriche m’ont fait dire : « Il y aurait là matière à un bouquin époustouflant ! ». Mais pour écrire cela, il faudrait plonger dans l’horreur vécue par la recluse et ses enfants, s’en imprégner, l’éprouver de l’intérieur… Personnellement, je ne m’en sentirais jamais la force ! C’est largement plus atroce que tout ce que, dans mes cauchemars les plus fous, j’ai pu imaginer !

    Dancing Lolita est un inédit. A-t-il été écrit pour le présent recueil où est-ce un texte qui n’a pu être publié par l’arrêt de la collection terreur du Fleuve Noir ?

    C’est un texte récent, que j’ai « couvé » durant plusieurs années avant de me décider à l’écrire pour Bragelonne. Il a tout naturellement trouvé sa place dans ce recueil.

    Votre éditeur annonce une révision de vos textes pour la parution en omnibus. Pour vous, cela consiste-il surtout à rénover les références à des faits d’actualité ou à une révision plus approfondie ?

    Ça consiste surtout à retravailler mon « style » (je déteste ce mot). Quand on écrit à haute dose comme je le fais, on affine sans cesse sa manière d’exprimer les choses. Lorsque je relis des textes écrits il y a quelques années, mes propres maladresses d’écriture me sautent aux yeux et m’emplissent de honte. Il me paraissait impossible de laisser republier des romans vieux de dix ou quinze sans les remettre en forme – mais je ne les ai pas trahis pour autant. Au niveau du fond, ils sont restés rigoureusement les mêmes !

    Pourquoi avez-vous changé le titre de Lavinia en Repas Éternel ?

    Ce que je viens d’expliquer est valable pour les titres également. Avec le « métier », j’ai acquis le sens du titre. Je me souviens que, lorsque « Lavinia » est sorti, Jacques Chambon, qui suivait de très près ma production, m’a dit : « Ton titre n’est pas bon ». Il avait raison : je l’avais choisi pour son petit côté Edgar Poe, mais il n’était pas en phase avec le contenu du roman. « Repas éternel », en revanche, exprime à la fois l’idée de mort et celle de repas, ce qui est pile poil le sujet. Dans la mesure où j’avais fait un lifting au texte, il me semblait logique de le re-titrer également. Vous verrez, dans « Les filles mortes se ramassent au scalpel », que j’ai également changé le titre du « Corridor », qui est devenu « L’innocence du papillon » et de « Asylum », qui s’intitule maintenant « L’asile de la mariée ».

    Pouvez-vous nous parler de vos prochaines publications pur adultes ?

    Outre « Les filles mortes se ramassent au scalpel» dont je vous bassine depuis le début de cette interview, deux livres doivent sortir aux éditions Mic-Mac en 2010. En février, un roman dans la veine de la « Ménopause des fées » : « Regrets éternels » (Cette fois, c’est à la mythologie grecque que je mets des bigoudis !). Et en mai « Le petit jardin des fées », une histoire petite fille morte (encore une) qui se passe dans un village médiéval du sud-ouest de la France.

    Puycelsi ?

    On peut dire ça comme ça... 

    Entretien réalisé par Internet le 30 et 31 mai 2008 et modifié en mars 2010

     


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                                    P’TIT GIBUS EN CABANE

     

             — Vu comment la France devient totalitaire, la police déboulera bientôt dans les crêches, grogne mémé Georgette. On foutra les lardons en taule pour vol de hochet ou de Pampers...

             — Pourquoi tu dis ça, mémé ?

             — Il y a encore quelques années, pour se retrouver en garde à vue, il fallait avoir commis un délit, et, au minimum, être majeur.

             — Je suppose que tu fais allusion à la fille de 14 ans que les flics ont emmenée au poste en pyjama...

             —  … pour une chamaillerie de gamins devant le collège, oui. Ils lui ont mis le grappin dessus au réveil, comme on le fait pour les criminels. Dix heures de garde à vue. La pauvre môme n’a rien dû comprendre à ce qui lui arrivait. Pas plus que ses deux copines, d’ailleurs, interpellées en plein cours avec l’aval du proviseur.

             — D’autant qu’apparemment, elles avaient juste séparé une nana et son copain qui se tapaient dessus.

             — Et quand bien même elles auraient participé à la bagarre, qu’est-ce que ça changerait ?  On vit une époque où la violence est partout, à outrance : dans les journaux, au cinéma, sur les écrans de télé, dans les jeux vidéos, dans les commissariats (!). On nous la sert à toutes les sauces, sans discernement, sans pudeur, et tout le monde trouve ça normal. Mais si des prédos se foutent sur la gueule, les flics les embarquent. Quand la folie répressive en arrive là, pas de raison qu’elle s’arrête en si bon chemin.

             — Ah, d’accord, je vois où tu veux en venir avec ton vol de Pampers. Tu ne trouves pas que t’exagères ?

             — Peut-être... Mais juste une question : comment, d’après toi, réagiraient les autorités si « La guerre des boutons » avait lieu aujourd’hui ?

             — P’tit Gibus se retrouverait en cabane, ça, c’est sûr !

             —Voilà, t’as tout compris...  


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