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                  Du remue-ménage dans les cimetières

     

    « Mémé, c’est quoi, une pantoufle de vair ?

    Une sorte de charentaise.

    Cendrillon est allée au bal en charentaises ? Tu déconnes !

    — C’est la faute à Balzac et Littré. Ils ont rectifié le texte de Perrault qui, lui, avait bien écrit « verre ».

    Mais… pourquoi ?

    — Ces deux balourds se sont dit : « Une pantoufle de verre ? Mais c’est impossible, voyons ! Personne ne peut marcher avec un truc pareil ! », et ils ont remplacé le verre féérique par du « vair » — une fourrure d’écureuil que plus personne ne connaît. Tu imagines une princesse avec des chaussons en fourrure, toi ? Et pourquoi pas des bigoudis ? »

    On a bien rigolé, puis mémé Georgette a remarqué :

    « Sans compter que la fourrure, c’est extensible. On gagne facilement deux ou trois pointures, en forçant un peu. Donc, l’histoire tombe à l’eau.

    C’est nul !

    — Comme tu dis. Aujourd’hui encore, on retrouve cette contre-vérité dans tous les bouquins de contes. Et je suis sûre qu’à chaque fois, Charles Perrault se retourne dans sa tombe…

    — Faut rien exagérer : une faute d’orthographe, ce n’est pas très grave !

    — Non, t’as raison. Et s’approprier l’œuvre d’un auteur tout en trahissant sa pensée, ce n’est pas grave non plus. C’est même très tendance, en ce moment, chez certains écriveurs. On met, par exemple, Voltaire dans le titre d’un livre, et hop ! aux yeux du public, il devient voltairien. Le problème, c’est que Voltaire a écrit cette phrase magnifique : « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous puissiez le dire ».

    Et alors ?

    —Je ne suis pas vraiment sûre que l’écriveur en question mette ce précepte en pratique… Pauvre Voltaire ! Encore un qui doit se retourner dans sa tombe !

    — Eh ben dis donc, il y en a, du remue-ménage dans les cimetières ! »


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    Histoire de Pirates

     

    Chez Milan, sortie en juin de "Histoires de pirates",

    illustrations (magnifiques !) de Frédéric Pillot et Marc Lizano


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                                           SPÉCIAL FOLKLORE 

     

             « Pourquoi tu te marres, mémé ?

    À cause du caca clan.

    Du quoi ?

    — Du K.K. Klan. Avec l’élection d’Obama, fallait s’attendre à ce qu’il se réveille ! Donc, dans un bled de Louisiane, une nana, bien décidée à bouffer du négro, s’inscrit au bureau de recrutement local. Je sais pas en quoi consiste leur intronisation, à ces tordus, mais apparemment, ça tient plus du bizutage estudiantin que du rituel maçonnique. Bref, la nana menace de porter plainte...

     Et alors ?

      On a retrouvé son cadavre au bord d’une route, à poil et salement amoché. Allez hop ! une crapule de moins ! Tant qu’ils se tuent entre eux, ils ne font chier personne ! »

    Morte de rire, ma mémé !

    « J’en ai une autre bien bonne, continue-t-elle entre deux gloussements. Tu te rappelles l’orphelinat de l’horreur ?

     C’est quoi, ça ? Un film gore ?

    — Meunon, un fait-divers qui a défrayé la chronique, le mois dernier. Des gamins auraient été torturés dans les caves d’un pensionnat de Jersey, entre 1960 et 1980. L’info a provoqué une émotion terrible, en Angleterre. Tous les médias y sont allés de leur scénario, avec surenchère de détails ignobles — ce qui a fait grimper l’audimat en flèche. Le top, c’est quand les enquêteurs ont découvert un crâne d’enfant, enterré dans le jardin. Du coup, la police, sous la pression de l’opinion publique, a sorti l’artillerie lourde : grues, pelleteuses, foreuses, etc. Coût de l’opération : dix millions d’euros.

    Je vois pas ce que ça a de drôle !

    — Ben... aux dernières nouvelles, il n’y aurait eu ni morts suspectes, ni tortures. Juste quelques châtiments corporels vaguement pédophiles, dans la grande tradition des collèges britanniques.

    Et le crâne ?

    Tiens-toi bien : c’était une noix de coco.

    Oh, la hooonte !

    — Honte ou pas, grâce à cette affaire, les sujets de Sa Gracieuse Majesté ont oublié la crise durant quelques semaines. Ça sert à ça, le folklore ! »

             


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  • Pour les amateurs de BD, et les autres, rendez-vous samedi 390 et dimanche 31 mai au salon de Sérignan ! Y aura plein de gens très bien, comme Edika, Olivier Ka, Mélaka, Reno, Claude Ecken... et moi. 

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             Les p’tites devinettes de mémé Georgette

     

    — T’as vu, mémé, ils ont interdit le mariage homosexuel, en Floride.

    Mémé Georgette hoche tristement la tête.

    — Ouais, et les dix-huit mille couples déjà mariés l’ont dans le cul !

      Comment tu réagirais, toi, à leur place ?

    — Je descendrais dans la rue. Trente-six mille personnes, plus les sympathisants, ça ferait une belle gay pride. De quoi peser sur les pouvoirs publics au moins autant qu’un référendum de merde !

      Pourquoi ils le font pas ?

      Ça…

      C’est pas une réponse !

    — Des questions sans réponses, il y en a des tonnes, ma poulette ! Pourquoi, quand les Israëliens chopent un terroriste, rasent-ils sa maison qui abrite souvent une famille nombreuse ? Pour faire comme les dératiseurs ?

      Ben…

    — Pourquoi Laurent Joffrin, dans son (très bel) édito sur la victoire d’Obama, écrit-il que le nouveau président avait une grand-mère africaine plutôt qu’un père kényan ? C’est moins grave quand ça saute une génération ?

      Euh…

    — Pourquoi le président de la république peut-il dire : « Casse-toi pôv’con » à un citoyen, sans que la réciproque soit autorisée ? On n’est pas tous égaux devant la loi ?

    — Stooop ! Elles sont pas drôles, tes devinettes, mémé ! Je préfère celles des apéricubes ou du Trivial Pursuit ! Tiens, j’en ai une bonne : pourquoi les vaches sont-elles si grosses alors qu’elles ne mangent que de l’herbe ?

      J’en sais rien.

    — Moi non plus. J’fais pareil que toi : je pose des questions qui n’ont pas de réponse. Tu vois comme c’est chiant !

    — Les mystères de la vie sont impénétrables… , soupire mémé Georgette en regardant tomber la pluie. 


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